î8 Description Generale
taies à Ptolomèe , ou tirant vers le Septentrion, Sc ainsi des autres. D’où l'on peutjuger de leur doctrine, puis-qu’elle réglé* les plus grands effets des Aítres par lesaspects de ces Triplicites.
Ils ont établi les douze maisons à cause de l’interscction de l’Horison & du Méri-dien , qui coupent l'Equinoctial en douze parties égales. Mais leur Architecture estbien différente, car outre qu ii y en a qui font ces maisons d’espaces inégaux, lesuns les prennent par un bout, Sc les autres tout au rebours. Ceux qui mettent lapremiere partie à l’Orient, lont nommée par excellence X Horoscope, comme ayantle plus d’action fur ceux qui naissent. D’autres prétendent que par cette raisonXHoroscope devoir estre mis au haut du Ciel, d’où les influences viennent perpendi-culairement , Sc d’un lieu plus proche de Pensant qui est i’Onent, qui n'envoye sesrayons qu’obliquement, Sc par une ligne plus éloignée. Ils ont trois moyens qu’ilsappellent de correction, par lesquels ils rectifient Sc ajustent les nativités : Mais ou-tre que ces trois examens ne s’accordent pas souvent ensemble, ils ont encore cétinconvénient, qui monstre leur fausseté, que le temps estimé, quils appellent de laGeniture, se trouve ordinairement tres-éloigné du temps corrigé. Ce qui fait bienvoir que toutes leurs réglés son Lesbiennes Sc trompeuses, c est que comme ellesne vous conduisent jamais avec certitudes vers une vérité future ; aussi quand il estquestion de les appliquer fur le temps passé, elles se ploient aussi facilement à toutce qu on veut, qu’ii n y a rien alors, ce semble, de plus exprès que les Canons de laJudiciaire. Plusieurs Astrologues de la Chine se font tous donnés le démenti furlheure de là nativité du Roy Lìeupangw , comme Cardan, Gauric Sc Tichon ont faitfur celle de Luther s Sc neantmoins quoy qu’ils ayent travaillé lur des figures diffé-rentes de jour, & méme d’arìnées,ils ont également trouvé leur compte, & ac-commodé les accidens de leurs vies, à des themes contraires Sc supposés, par lemoyen de leurs beaux axiomes, à qui on fait dire, comme aux cloches, tout cequ’on veut. Outre que les anciens Chinois, Chaldeens, Egyptiens, Arabes, Sc au-tres se trouvent avoir failli en leurs supputations, comme ceux qui n estoient pasencore arrivés à une assés exacte connoissance de ce qui est éloigné de nos sens, Scpour parler en termes de l'Art, à cause de 1 incommensurabilité des Cieux, il y aencore de si notables changemens depuis leur temps en la disposition des Cieux,que c est une mocquerie de penser juger de leur influence, par des réglés qui fup-posoient une égalité de mouvemens, qu’on a reconnu depuis n’estre pas véritable.L’Estoile du Nort, la derniere de celles qui forment la queue de la petite Ourse,estoit distante de douze degrés des Pôles du monde du temps d 'Hipparche , qui aprecedé d’un peu plus d’un siecle ceiuy de Nostre Rédemption. Elle n’en est àprésent éloignée que de quatre degrés, de sorte qu’elle s’appelle plus proprementEstoile Polaire qu elle ne fit jamais. La precession des Equinoxes tait voir que tousles Signes du Zodiaque ont quasi pris la place successivement les uns des autres.L'apogée du Soleil se trouvoít du temps de Ptolomèe au cinquième degré Sc tren-te minutes desGemeaux, qui n'estàcette heure qu’au siziéme de l’Escrevisse se^ìonTycbon, au second selon Alsonse,éc dans l’onziéme selon Copernic. Le cen-tre du Ciel de ce grand luminaire, estoit distant de ceiuy de terre de vingt-quatrede ses diamètres du méme temps de Ptolomée , il ne l est en nos jours que de dix-huit, ou de fort peu davantage. Kspler a découvert par les observations de Marscomparées au mouvement du Soleil, qu’il falloitpar nécessité que le Ciel de ce der-nier , ou le cercle de la révolution annuelle, n’eust l’exentncité que de la moitié dece que les anciens, Sc méme que les modernes, luy donnoient ; une partie de l’ine-galité de son mouvement venant de la reelle hastivité, Sc du véritable retardementqui sc fait en certaines parties de ce cercle. On peut juger par ces differences de po-sition , s il est possible que les influences soient uniformes ; si elles doivent réussir lesmesmes à présent quelles estoient autresfois ; & si de semblables Aphorifmes peu-vent servir e n des Systemes qui ont si peu de rapport.
D’abondant il y a si peu de commerce entre le Ciel Sc nous, que supposant mémeque l’Astrologie fut une Science reelle, considérée en elle-méme, c’est à dire queles influences des Cieux peuflent véritablement fur nous tout ce que les plus grandsPartisans de la Judiciaire leur attribuent, je nie neantmoins qu’à nostre égard elledoive passer pour telle. Nous ne fçavons pas seulement de science humaine, si
c’est