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Description Generale
i.'fcí gví.
j.Degfé.
estre jugés que par le Chancelier, Sc les quatre Gouverneurs fus - nommés.
La Charge du Chancelier est si considérable que tout le bonheur Sc avancementdes Lettrés depend de fa volonté. Il a le pouvoir de punir exemplairement tousceux qui négligent les eítudes qu ils ont commencés, Sc de dégrader de toutesdignités Sc honneurs ceux qui mettent toute leur félicité à croupir dans une oisivetéhonteuse : Ceux-là ne font pas moins repris, qui véritablement ne demeurent pasfans rien faire, mais qui abusent de leur loisir, en s occupant à des choses si frivoles »qu on peut dire, âpres Lucien , qu ils s amusent à mesurer l’étenduë du saut d’une pu-ce. En effet un loisir trop paresseux est accusé d’amollir les meilleurs naturels, par-ce qu’ii a des charmes qui font que ceux qui d abord le blâmoient le plus, l’aiment,8c si accoustument à la longue* Rien n exerce si bien lindustrie humaine, qu unpeu de ce soin pénible qui est opposé au repos dateur qui nous séduit. C est pour-quoy Virgile a u bien dit de ion Jupiter Champestre — curù acuens mortalia corda .Les Moralistes Chinois accomparent ces faineans aux Grenouilles qui fe plaisentdans leur marés ; aux Pourceaux qui dorment avec satisfaction dans la boue, 8c auxHiboux, qui preferent aux plus beaux jours les tenebres d une vie paresseuíse ; fansfe souvenir que lame est une splendeur, 8c une clarté, qui a fait donner par lesGrecs le nom Çôûç , 8c à 1 homme & à la lumière. Les contemplations mémes Philo-sophiques , toutes privilegées qu’elles sont dans leurs repos St dans leur retraittesont condemnables, si elles ne se proposent de paroistre 8c de fe produire à l’avan-tage du public. Et à vray dire, nous devons toujours nous souvenir que commenous ne veillons pour dormir, le sommeil au contraire nous ayant esté accordé
E ar la Nature, en faveur de nos veilles j nous ne devons pas non plus agir commeeaucoup de personnes font pour nous reposer, puisque tout au rebours le repos nefe doit prendre par les réglés dune bonne Morale, que pour noirs rendre plus pro-pres à faction.
Le Degré de IÇiugin ne sc donne que tous les trois ans aux mieux Lettrés, danschaque Ville Capitale d une Province,au commencement du huitième mois (qui estentre nous le mois de Septembre) où il y a un Palais garni de mille chambres, desti-né pour les Examinateurs, St les Bacheliers, qui y tiennent un prosond silence plu-sieurs jours. Je vous serois trop chagrin, si je vous rapportois toutes les cérémoniesqu ils gardent dans semblables examens ; dont la rigueur est presque incroyable, carceux qui doivent estre examinés font enfermés chacun dans une Chambre particu-lière , un mois durant ; ne peuvent parler qu’à leurs Examinateurs, ni méme avoiravec eux aucuns livres St écrits ; St y vivent fort sobrement durant tout ce temps-là.Les Examinateurs ayant leu, pesé, St reveu toutes les responfes, sentences, St écri-tures de ces Bacheliers, fans avoir pourtant aucune connoissance de leurs noms, Stde leurs mains (car toutes leurs pieces sont fidèlement copiées) en portent leur ju-gement fur la fin du méme mois, St donnent rang à un chacun selon ses mérités.L examen estant fini avec magnificence St allégresse, les Examinateurs Impériauxen font imprimer un livre, étoffé de toutes, les matières qui ont esté proposées auxLicentiés, afin qu’un chacun en puisse aussi donner son jugement. Le plus fçavantdes Examinés est nommé Quiayven , St est en telle vénération qu on envoye sesescrits à l’Empereur méme, qui ne manque pas de l’avancer bien-tót aprés aux plusbelles Charges, St de faire honnorer ses parens, pour avoir mis au monde une testesi utile au bien de son Estât.
Le troisième Degré auquel parviennent les gens d’estude en la Chine , est nomméCinfu , qui s accorde tout à fait avec celuy de nos Docteurs. Il ne fe donne que tousles trois ans dans la Ville Impériale de Lehing ; St il n’y a que trois cens Licentiésdans toutl’Empire qui y puissent parvenir: Cét examen qui est encore plus exactque le précédent, se fait au deuziéme mois, lequel estant heureusement fini, lesGraduez font revestus au Palais de fa Majesté d’un habit,ou d’une robbe de foye par-semée de dragons,d’une livrée de taffetas fur l’épaule, St fur la teste d’un chapeau quia deux fanons pendans par derriere, comme ceux qui sont aux Mitres des Evefques.Sur ce chapeau, il y a deux bouquets qui sont d or, ou d’argent doré, faits en façond’une branche de palme. Et en cét équipage ils sortent du Palais, St/e font voir partoute la Ville en tres-belle compagnie ; car ils ont devant eux un bon nombre desoldats avec des tambours, des trompettes, St autres instrumens de Musique, Scaprés eux force maísiers ; puis les Examinateurs à cheval, ou dans des chaires cou-vertes