11 y a encore une autre vacation en la Chine ailes considérable, qui consiste à faire zventoindes éventoirs, 8c Parasols, qui servent à teraperer les trop grandes ardeurs du Soleil, ^Jchtíoíl& à rafraifchir Pair. Un chacun porte de ceux là, 8c en tout temps, mais de différen-tes façons 8c matières : Les uns sont faits de roseaux fendus, de bois d’ebenne, d’y-voire, de soye,de paille odoreuse, ou de papier fort blanc &; doré, qui est le port desRiches : leur façon est ronde, ovale, ou carrée : Quant aux Parasols, ils sont ordinai-rement garnis, ou remplis de soye, ou de toile cirée, pour estre mieux défendu con-tre la chaleur Sc contre la pluie.
Apres avoirtraitté de divers honnestes mestiers de laé7;zW, j’ay trouvé bon de Mestiersdavous parler auffi des deux plus infâmes, afin que vous connoiffiez en partie leurs vi - BoHydelters 'ces, auffi bien que leurs vertus. Le plus abominable des deux est, à mon avis, celuydes Bourdeliers. Dés qu’ils connoissent quelques belles fillettes de basse condition,ils tafchent de les enlever du logis de leurs parens avec argent, promesses, ou soup-pleíses, Sc les entretiennent délicatement chez eux jusques à ce qu elles soient ca-pables d estre prostituées au plus offrant, ou d’estre vendues à grands deniers à ceuxqui les désirent. Il m est impossible de vous dire combien de soins, Sc d'industrieapportent ces Maquereaux pour rendre ces beautés charmantes Sc accomplies. Usnourrissent dans leurs maisons des maistres de danses, de musique, cje cérémonies,voire des Mathématiques,& de toutes les autres belles lettres,pour les rendre autantestimées par la gentillesse de l’eíprit, qu elles font attirantes par les grâces du corps.
Lors qu ils n’en peuvent pas faire assez de profit fur leurs fumiers, ils les transpor-tent en d’autres lieux ,& les exposent en vente à qui en veut. Ceux qui trouventmieux leur conte à les louer qu’a les vendre, ils les conduisent sor des asnes chez lesmarchands toutes voilées d’un drap de soye (comme vous pouvez remarquer parcette figure) en la dévotion desquels estant abandonnées, elles dépouillent bien-tótl honneur avec la chemise ; Et lors que la vieillesse a fait perdre à ces Courtisanes cequ elles avoient de plus aimable, 8C capable d’émouvoir les affections, elles sontobligées de servir comme des bestes en la maison de leurs maistres, ou de se marieravec quelques vieillards chétifs Sc malotrus. Je m’arresterois d’avantage en ce vilainendroit, Lcje vous pourrois rapporter plusieurs autres particularités de ce détestablecommerce, si nostre modestie Chrestienne en pouvoit souffrir le récit.
L’autre mestier que j’ay detesté en la Chine est celuy des Mendians. Je ne parle Mendiantpas de ceux qui sont véritablement accablés d’indigence 8c de miseres, je ne Co\i^ im ^ omnutiens pas auffi que ceux-cy (comme font les Chinois , les Japonois , les Tartares , Sc lesTurcs) ne sont réduits dans ce pitoyable estât que par un juste jugement Sc punition
E z du