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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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C4 Description Gèneralè

CHAPITRE X.

*Des Tours 5 <*Arcs Triomphaux , Talais y & autres bajlimens publics •

îmt> 1 ’usage de bâtir des Tours a esté toujours receu parmi toutes les Nations ; LesJLjG recs , les Romains , Sc les Egyptiens rendirent leurs noms immortels par la stru-cture de ces hautes Machines. Ceux-cy en battirent une fur les bords de la Mer quicousta 8òo. talens Egyptiens , qui reviennent à un million cinq cens septante-neufhuit-Cens quarante livres. Les Chinois ne furent pas moins somptueux Sc magnifi-ques en semblables bâtimens de haute monstre, comme nous avons dit cy devant.Ils en érigent presque par tout au deíïùs des portes de leurs Villes, qu ils appellent* Muen-Leu , qui font comme autant d’arfenaux, où on met les armes, Sc où les sol-

dats Íont en garde. Ils en élèvent auíïì és lieux plus agréables de chaque Ville, quilsappellent Culeu , lesquelles ont ailés de rapport Sc de ressemblance à nos Tours, quenous appelions Tours à Quadran, ou Horloge. C’est là où les Gouverneurs vontfaire bonne chere, Sc festiner. On y void des Horloges remplis d’eau, qui mar-quent les heures,car quand Peau coule d’un vaisseau dans 1 autre,elle éleve en mémetemps une tablette Sc écriteau, qui monstre les heures Sc les ombres du Soleil. Pourcét eíFét, il y a un homme exprès qui y prend garde - Sc bat le tambour à toutes lesheures, Sc avance un long écriteau hors de la Tour, pour les monstrer. Le mémehomme, ou échauguete prend garde au feu ; & comme il regarde la Ville de forthaut, fi le feu vient par malheur à fe mettre dans quelque maison, il sonne le tam-bour , Sc appelle les voisins pour l’éteindre. II va de la vie pour celuy, dont le logis' brûle par fa propre faute ou nonchalance, à cause du danger qu’il y a pour les autresmaisons du voisinage, qui sent communément toutes de bois.

Les Villes Sc les Cités, voire les montagnes Sc les grands chemins ne font pasJhaiix^ Moins embellis d’Arcs Triomphaux que de Tours, comme vous pouvez remarquerdans nostre premiere Partie, dont l’erection ne fe faite qu’à l’honneur de ceux, à quile triomphe est décerné âpres quelques victoires Sc glorieux exploits ; ou bien en lamémoire de quelques personnes de grand vertu, ou de rare fçavoir. Entre les or-nemens ordinaires de ces Arcs des Triomphe, on voit au plus haut bout la statué del’Empereur, sous le gouvernement duquel ils font bâtis, les figures méme Sc imagesdes Héros à qui ils font consacrés ; On y voit par tout des chariots, Sc sieges de vain-queurs , aux pieds defquels les vaincus sont abbatus ; ils sont enrichis de trophées Scde faisseaux d’armes, de lions, de tygres, de ferpens, d’oifeaUx, de fruits, Sc d’autressemblables figures artistement travaillées ; Leur façon n est pas fort diíferente decelle des Romains , car ils font en maniéré de grandes portes de Villes tousjours ou-vertes , Sc fans vantelles : Sc ont ordinairement trois voûtes sous lesquelles on passeauíïì librement que fous celles des portes de Villes. J’en ai veu aucuns si superbe-ment érigés, que je ne croy pas que ceux de Dru/us , de Domitian , SAntonin ,d ’Àugufle , de Tr a] an , Sc autres tant vantés par ceux de Rome les puissent égaler.fíosteh des II y a dans chaque Ville Capitale quinze ou vingt Hostels battis Sc ordonnés pourVems" ^ es Gouverneurs ; Les autres Villes en ont pour le moins huit, Sc les Cités quatre,qui font presque tous dune méme structure Sc grandeur. Les plus grands ont d’or-dinaire quatre ou Cinq sales magnifiques, avec autant d’autres moindres apparte-mens. Ils font édifiés au milieu d une belle plaine, dont l’approche est defenduë detrois portes, Sc embellie de -deux petites Tours, fur lesquelles on touche le tam-bour , Sc on joué des instrumens, lors que les Gouverneurs vont à la Chambre deJustice, Sc quils en retournent. Chaque Hostel enferme auíïì divers appartemenspour les Juges, Officiers, Domestiques, Sc amis de ces Gouverneurs : ils sont mémetous entourés de Jardins, de Bôcages, de Lacs, de Vaisseaux, Sc d’autres lieux di-vertiífans, qui font tous entretenus de l’Empereur,

<Àquedutts , Toutes les Provinces sont remplies d’Aqueducts, Sc de Canaux, pour accommo-& canaux. <j er i es habitans, aidant à la Nature où elle défaut, Sc la conduisant à íà perfectionpar artifice. Ces inventions ont esté auíïì fort familières aux Romains , Sc spéciale-ment aux habitans de Spolete , Sc de Toscane , qui portent journellement leurs den-rées à Rome fur les canaux artificiels de Topino , de Negra , de Glanis , Sc autres.

Les Grands Chemins des Provinces Méridionales de cét Empire sont presque

tous

GrandsChemins .