68 Description Generale
ciente. Auíïì en compte-on sept selon le nombre des Planètes ; for dédié au Soleilsl'argent à la Lune , le cuivre à V mus , le fer à Mars , le plomb à Saturne , le vif ar-gent à Mercure , & l’estaing,que quelques-uns rejettent comme n estant que dePargent & du plomb meslé, à Jupiter . Ils font tous utiles & nuisibles selon qu on lesemployé. Les Arts ne se peuvent passer du fer, à qui nous avons bailleurs donnédes ailles par des flèches empennées, selon la pensée de Pline , afin que la mort nousvinst trouver plus promptement. Ariftote a écrit dans son traité des choses merveil-leuses, & difficiles à croire, quen lllle de Cypre on seme du fer, qui arrosé d’eaucroist & pousse en sorte qu’il se recueille. Il faut joindre son texte à celuy de NicoloContì , qui porte qu on trouve dans un arbre des Indes Orientales une verge de fer,longue & fort deliée, dont un morceau appliqué contre la chair, empesche qu on• ne soit blessé par le fer. Quoy qu’il en soit, c’est du Fer qu on peut dire mieux quede sor & de sargent, qu’aprés savoir tiré des entrailles de la Terre, Sc rendu bientrenchant, il nous fait maistres Sc possesseurs de tout ce quelle a en fa superficie.L’on compare neantmoins la puissance de f Or à celle de Dieu en ce quelle est re-connu par tout 5 aussi les Monarques pour venir à bout de leurs grands desseins fonttouchez d’autant plus fortement de l’éclat de ce métal, que leur condition est rele-vée par dessus celle des particuliers. Aussi font-ils excusables en cela, puis-que l’Hi-ttoire de tous les Empires nous apprend qn'ils n ont esté considérables, & ne se sontgueres maintenus, que par les moyens des mines, Sc des thresors quand ils ont pûs’en prévaloir. Tantale aíïura la Couronne dans la Lignée des Pelopides par le se-cours des mines du mont Sipile . Celles de Pangée , qui est une autre montagne dans' la Thrace , firent entreprendre à Cadmus , Roy de Phœnicie , tout ce qu’il voulut.D autres mines dont on voyoit encore des restes auprès àAbyde du temps de Stra*bon , rendirent Prìam le plus glorieux Prince de son siecle. Midas le fut du sien, Sceut la réputation de convertir tout en or, à cause de celuy quil tiroit du Mont Ber -mius . Bref, Gyges , Aliattes , & Crcefus , se virent dans fopulence, dont toute l'An-tiquité a tant parlé, par le seul revenu des mines de Lydie , situées entre les Villes dePergame Sc d ' Atarnée. Diodore observe que les Carthaginois obtenoient toutes leursvictoires avec des armées composées de soldats étrangers, qu’ils levoient à prix d ar-gent , celuy qu on tiroit des terres métalliques, où ils f assoient continuellement tra-vailler, estant suffisant pour payer leur solde. XTmpire des Macédoniens doit sonétablissement à sor de Chryjìte , dont Philippe^ se sceut prévaloir si à propos, qu ayantsubjugué la Grece , il rendit toutes choses faciles à son fils Alexandre . Et pour nerien dire de tous les autres Monarques Sc Souverains, qui ne le sçait, Sc qui ne sa leuqu ils ont tousjours recherché avec plus de passion que personnes ces riches minesSc précieux métaux, puis-que leur son (disent-ils) a le même pouvoir de réunir fousleur puissance le reste des hommes, qu a celuy de l’airain de rassembler les abeillesUhm d'or , prestes à se dissiper ? Je trouve pourtant fort étrange que les seuls Chinois font si peuZéprTfS U état de tout cecy, & qu ils ont mémes par leur loix déclaré criminels tous ceuxf-" hs chi - qui viendroient à ouvrir leurs montagnes, pleines d or Sc d argent. Ceux qui veu-lent appuyer leurs sentimens, disent, que faisant beaucoup plus d estime de la viedes hommes, que de ces métaux, ils ne les veuillent pas exposer à la recherche Scau travail de leurs mines, de peur qu’ils ne soient étoufés par leurs venimeuses va-peurs, ou accablés parla cheute des voûtes de ces pesans corps. Aucuns soutien-nent qu ils n’ont que faire de fouiller dans les creus, Sc les entrailles de leurs monta-gnes pour y trouver de for, puis-que leurs rivières en donnent à foison, Sc dont ilsse servent ordinairement pour negocier, Sc troquer contre d’autres denrées. Quel-ques-uns amassent cét or avec des peaux de moutons dloixAppian croit peut estre quela fable de la Toison d’or fut inventée) Sc le tiennent si pur, Sc si fin, qu’ils disent pa£fer vingt-quatre carats. L’on m’a assuré qu’on a trouvé aux bords des rivières ungrain d’or valant trois mille trois cens dix escus. Tout cét or est pareillement molSc maniable, Sc par ainsi le plus estimé, l estant de fa nature de telle forte, qu’uneonce tirée en fil délié comme les cheveux, s’étend plus de mille pas.lteel HerÌ ê Les montagnes abondent aussi en vif argent, en cuivre, en estain, enfer, en- en vitriol, en antimoine, en vert de terre, en cinnabre, en vermillon, ScVusimnt. autres semblables especes de mineraus. Les Chinois font tant d’estat de l’Aimant quise trouve dans les Provinces de Suchuen , de Huquang , Sc de Honan qu’ils le tien-nent animé. Et à la vérité si nous considérons fa nature nous la trouverons toute ad-mira-