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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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de l’Empire de la Chine. 8l

íont-ce de ces arbres des Indes , dont il en naist plusieurs autres , quand on en baisseSc plie les branches vers terre ; Les Portugais les nomment l{ays.

En la méme Province non loin de la Cité militaire de Chinhiung on trouve des ar- féver.bres qui produisent deâ Fèves òu Phajeoles , qu’ils nomment pierreuses à cause deleur dureté: Les Médecins en usent heureusement contre les défaillances de cœur.

En la Province de tìuquang on void une certaine plante qui monte & grimpe enhaut comme nostre lierre, Sc produit des fleurs jaunes & un peu blanchâtres ; lesbouts Sc les extrémités des branches sont fort menues & déliées comme des filets deloye z on dit que si on en lie ou attache une petite branche fur la chair nue qu’onrepose d’un tort doux sommeil j c’est pourquoy on la nomme aussi Mangboa , c’està dire la fleur du songe.

On dit que proche de la Cité de Smghiang en la Province de Cbekicmg ., on trouve àr.*des Fins , qui sont plus gros que quatre-vingts-hommes, quand ils s’embrasseroientles uns les autres, Sc méme qu’il y en a qui pourroient contenir trente-huit hommesdans la cavité de leur tronc.

La Province de Quantung produit entre plusieurs arbres odoriferansje Bots d‘Ai- Boisgle,8>c celuy que les Portugais nomment Pao de By>fa 3 ou Bois de Pose 3 dont les s/e *Chinois se servent ordinairement pour faire des armaires, des tables, des chaises, &auttes meubles de menuiserie: A peine s en trouve-f il de meilleur, car il est d’un noirqui tire fur le rouge, taillé Sc marqueté de veines, Sc peint naturellement - commesi c estoit de la main du plus ingénieux, Sc plus habile peintre du monde.

Dans le Royanme de Gannan on trouve des arbres qui distillent une agréable li-queur , que les Portugais appellent Bosamaiïïe .

On en trouve d’autres en la Province de Quangfi , dont les feuilles servent de ma-tière à faire de tres-excellens draps.

Les forests de Meuriers sont communes par toute laProvince de Che^iang 3 SC elles mmtn*nourrissent une grande quantité de vers à soye, dont on fait des draps qui íurpaísenten bonté tous ceux du Royaume: On y taille tous les ans ces Meuriers , comme nousfaisons les vignes, fans les laiíser croistre, Sc devenir arbres ; Sc on a appris par uneexpérience de nombre d’années, que les feuilles des plus petits produisent la meil-leure soye - Sc le plus excellent fil : c est pourquoy ils íçavent parfaitement bien di-stinguer la ptemiere silure de la seconde ; celle-là se fait de ces feuilles qui sont mol-lettes Sc délicates, Sc qui naissent au Printemps - dont les vers se nourrissent ; l’autrese fait de ces feuilles qui croiísent en Esté Sc sont plus dures ; tant la diversité denourriture change cét ouvrage, méme dans ces animaux qui sont si petits.

La Caneìle croist en abondance dans la Province de Quangf, laquelle surpasse en caneìle ,.odeur, Sc en chaleur celle de Ceilon , ou J^eilan. Cét Arbre est grand comme unOrangier, Sc a force branches, dont les plus tendres sont toutes droites. Ses feuil-les sont semblables à celles des Lauriers - elles sont toutesfois plus larges, de cou-leur blesme - Sc moins seiches avec trois costes tout du long. Ses fleurs sont blan-ches , Sc ne sentent presque rien. Son fruit ressemble à une olive sauvage, Sc estvert du commencement, puis aprés roussatre, Sc quand il est parfaitement meur,il est noir Sc reluisant. Il a au dedans un noyau comme les Olives sauvages, Sc lachair toute semblable, de laquelle il sort une liqueur huileuse Sc verdâtre, qui tientun peu du goust, de l’acrimonie des bayes du Laurier. Le bois de l’arbre est fansodeur Sc fans goust, de sort qu’il semble que la nature lait privé de toute vertu, pourla communiquer à ses deux écorces, dont la premiere est de tres-bon goust, maiscelle de dedans est un peu plus gluante. On coupe tous les trois ans les branches decét arbre pour en oster ses écorches, lesquelles aprés avoir esté nettoyées Sc expo-sées au Soleil durant quelques mois deviennent rougeâtres Sc agréables.

On trouve un bois de Caneìle au nouveau Monde que les Floridiens appellent Pa-vante , Sc que nos François ont nommé Sajsafras ressemblant au précédent. C’estarbre est l’un des plus beaux, Sc des plus exceílens en qualités, qui se voit és Indes„

II croist fort droit, Sc de vingt à trente pieds de haut /avant que de pousser ses bran-ches. Ses feuilles sont aussi approchantes de celles du Laurier z Sc leur odeur, deméme que celle de son écorce, a du grand rapport avec celle de la Caneìle. Sonbois est aussi de bonne senteur, Sc dune couleur tirant fur le rouge. U est solide Sctres-propre à faire toutes sortes de beaux ouvrages. Ses branches sont si toufuës *qu’il ne peut rien croistre dessous qu’une petite herbe courte, qui présenté en toute

L saison