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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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Description Generale

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saison un riche tapis vert, pour le divertissement de ceux qui veulent prendreJtefrais à sombre d’un arbre fí agréable & si soin, qu on peut méme dormir deífous,fans craindre d’en estre incommodé. Il porte des graines semblables à du poivrerond : Sc bien qu elles soient un peu fortes & piquantes au goust, les Singes, les Per-roquets & autres animaux en font leurs delices.

Au reste, sécorce aromatique de ces deux arbres est recherchée de tous les Chi-nois , aussi bien que de nos Européens : Les Médecins s’en fervent pour ceux quisont travaillés de aefluxions froides, de la colique, des affections des reins procé-dantes de froid, de la difficulté de respirer, dune oppression d’humeurs, dune ob-struction des parties inferieures,defíatuosités,&c. Enfinsécorce de ces arbres don-ne une faveur tres-agreable aux viandes qui en font afaisonnées, & rend l’appetit àceux qui l’ont perdu. En l’Iíle de Z^eilan on l’en sert à brûler au lieu de bois, & lesfemmes en tirent une eau dont elles fe lavent . Sc embaument leurs visages ; tant ti*re-t’on d’utilité & de volupté de cét arbre.

GirofjUcr. L’on trouve aussi en ce Royaume force Girofliers , mais non pas en telle abon-

dance qu'és Moluques . Cét Arbre vient assés gros, Sc se peut soûtenir tout seul >& ale tronc comme un Coignier , mais non pas tortu, & jette une grande quantitéde fleurs blanches, qui aprés deviennent vertes, puis rouges, Sc enfin en s épaissississant s’endurcissent, Sc le revestent de couleur noire. Les feuilles semblables àcelles de nos poiriers, ne rendent pas une si bonne odeur que les doux ; Les bran-ches plus petites se terminent en filets fort déliés au bout deíquels les doux croissent par dizaine Sc vingtaine l’un âpres l’autre. On amaíse les Girofles dés la fin deSeptembre jusques au Janvier, non pas si proprement avec la main qu’avec des ba-ttons avec leíquels on bat les branches. Dés qu ils sont abatus, on les laisse seichertrois ou quatre jours durans, on les trempe tant soit peu dans seau de mer, pour lesgarentir des vers, Sc puis on les expose derechef au Soleil cinq ou six jours, âpresleíquels on les met dans des tonneaux qu’on envoye aux païs étrangers. Il necroitpas d’herbe sous ces arbres,d’autant qu ils attirent tout le soc Sc toute shumidité de laterre. Les années seiches les rendent fort fertiles. Et quoy que l’on ne les cultiveordinairement que pour leurs fruits, si est-ce que leurs feuilles, leurs fleurs, Sc leursbranches avec la gomme qui en distille, sont tres-propres tant pour la Pharmacie -que pour les tables. Lors que les Indiens veulent vendre ces Clous,ils les font trem-per dans des vaisseaux d’eau - de laquelle estant abbreuvés Sc enflés ils les vendent àplus cher pris aux étrangers.

Ils appellent cét arbre Cbamque , ceux de Java le nomment S banque , les A rabes ,

Scies