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L' Ambassade De La Compagnie Orientale Des Provinces Unies Vers L'Empereur De La Chine, Ou Grand Cam De Tartarie : Faite Par Les S-rs. Pierre De Goyer & Jacob De Keyser, Illustrée d'une tres-exacte Description des Villes, Bourgs, Villages, Ports de Mers, & autres Lieux plus considerables de la Chine / Le Tout Recueilli Par Le Mr. Jean Nieuhoff, Mre. d'Hostel de l'Ambassade, à present Gouverneur en Coylan ; Mis En François, Orné, & assorti de mille belles Particularitez tant Morales que Politiques par Jean Le Carpentier, Historiographe : Enrichie d'un grand nombre de Tailles douces
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de l’Empire de la Chine.

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8c les Perses , IQirumsel , 8c les Turcs Kalafour. Ils en preparent en diverses laçonsles fleurs & les fruits, 8c s en servent contre les maladies du cerveau, du foye, desyeux, 8c contre la paralysie méme qu’ils appellent Berijb'eri .

. La Muscade croît auísi fort bien en ce Royaume, mais avec beaucoup plus de fa- Muscadier.cilité aux Iíles de Banda , comprises fous les Moluques : l’arbre qui la produit Rap-pelle de ces Insulaires Pala , 8c ressemble au poirier, mais il a les feuilles plus gran-des , plus vertes, 8c par bouquet. Les fleurs íònt auílì semblables en couleur, 8c engrandeur à celles du poirier, tombent fort facilement, 8c ne flairent pas fort. Lefruit qui est un peu plus rond 8c plus petit que celuy d’un poirier a trois écorces : cel-le de dehors est charnue, 8c ailés ferme, de laquelle ceux de Banda ne tiennentconte, combien qu aucuns en mangent, pource quelle a un gouit astringeant, quiest plaisant, âpres savoir préparé avec du sel 8c du vinaigre. Mais les Portugais con-fisent avec du succre la noix entiere, devant qu elle íòit meure. Apres que lanoix est meure, la dite écorce exterieure s’ouvre en plusieurs parties, Sc alors sevoit le Macù , ou senvelope du noyau de la noix, de couleur fort agréable & d’ungoust fort aigu : cette membrane est entrelaííee à la façon de filets ou de rets, envi-ronnant la cocque qui couvre la noix, contre laquelle elle est si bien ferrée que lesmarques des bossettes de la cocque y demeurent empraintes. Dés auffi-tôt que cemacisestostéde dessus la noix, il perd fa rougeur. Sousle macisily al’écaillequicouvre la noix, qui est tantost grande & tantost petite : & si on l’ouvre pendantqu’elle est fraische, on y trouve une moelle blanche au dedans, qui n’a pas tant d’a-crimonie que le reste de la noix. Ces Noix se vendent és Indes par mesure, qu’ilsappellent Touman , qui peut estre un de nos demí-septiers. Les oiseaux aiment fortces fruits, & spécialement les pigeons qui R en gorgent avec plaisir. On en fait larécolté deux ou trois fois Tannée, & on les lave chaque fois avec de la chaux pourles garder de corruption, 8c de vermines.

Les Médecins des Indes font plus d estât de grosses noix que des petites, 8c lesachetent à grand prix, pour s’en servir contre les maladies froides de la matrice, 8cdes nerfs ; 8c les appellent Pala-Java. Ils trouvent que les fleurs de cet arbre misesen vinaigre 8c en sel, excitent extremement Tappetit, aucuns en font des confiturestres-friandes : que depuis peu d’années on a apporté en nostrc Europe. Les Arabesen font auísi grand estât, 8c trouvent qu elles font bonne haleine, corrigent la puan-teur d’icelle, effacent les lentilles du visage, aiguisent la veuë, fortifient Testomach& le foye, provoquent surine, dissipent les ventosités, bref quelles aident extreme-ment aux accidens de la matrice.

II