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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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DU LEVANT. Lettre IX.

on en donne la commission au Douanier de Scio :alors le Douanier va dans trois ou quatre des prin-cipaux villages dont on a parlé, & fait avertir leshabitans des autres de porter leur contingent : tousces villages' ensemble doivent deux cens quatrevingt-iìx caisses de mastic , lesquelles pèsent centmille vingt-cinq oques : le Cadi de Scio reçoittrois caillés du poids de quatre-vingts oques chacune,il en revient une caisse à l’écrivain des villages quitient les regîtres de ce que les particuliers doiventde mastic : l’homme du Douanier qui pese le mas-tic , en prend une poignée _ sur la part de chaqueparticulier : une autre personne qui est encore auDouanier en prend autant pour la peine qu’il a deressasser cette part : lï quelqu’un est surpris portantdu mastic à la ville ou aux villages où l’on ne cul-tive pas des Lentisques, il est condamné aux galè-res & dépouillé de tous ses biens : les paysans quine recueillent pas aster, de mastic pour payer leurportion , en achcttent ou en empruntent de leursvoisins , & ceux qui en ont de reste le gardentpour l’année suivante , ou le vendent secrètement:quelquefois ils s’en accommodent avec le Douanierqui le prend à une piastre l’oque, & le vend deuxpiastres ou deux piastres & demi : ceux qui culti-vent les Lentisques ne payent que la moitié de lacapitation & portent la S esse blanche autour deleur turban de même que les T ures.

Les Sultanes consomment la plus grande partiedu mastic destiné pour le Serrai 1 ; elles en mâ-chent pour s’amuíér , & pour rendre leur soufleplus agréable fur tout le matin à jeun : on metaussi des grains de mastic dans des cassolettes &dans le pain avant que de le mettre dans .le four:le mastic d’ailleurs est bon pour les maladies del’estomac & des premières voyes, pour arrêter lespertes de sang, & pour fortifier les gencives.

a La recuite de la Tcrcbcntine se fait aussi enincisant en travers avec une hache les troncs desgros Terebinthes depuis la fin de Juillet jusquesen Octobre; la Terebentine qui en coule tombefur des pierres plates placées fous ces arbres parles paysans ; ils fumassent avec de petits bâtonsqu’ils laissent égouter dans des bouteilles ; on lavend fur les lieux 30. ou 35. parats l’oque, c’est-à-dire les trois livres & demie & une once. Toutel’isle n’en fournit pas plus de trois cens oques :b cette liqueur est un excellent baume naturel, ungrand stomachique & un bon rcmede à pousser parles urines ; mais il faut se garder de la donner auxpersonnes qui ont la pierre, non plus que les autresdiurétiques : l’experience fait voir que les maladesen font plus incommodez.

Les Terebinthes naissent dans cette Isle sans cul-ture fur les bords des vignes & le long des grandschemins ; Ieur^ tronc est aussi haut que celui duLcntisque, aussi branchu , touffu & couvert d’une

Tarn. I.

a Ttivám iTì kxì x.íKaIïh mu irMitn h X,« tj wVb. Ditse.lits, I. idV. 10.

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écorce gersée, grisâtre, mêlée de brun : ses feuil-les naissent fur une côte longue d’environ quatrepouces , rougeâtre , arrondie fur le dos , lillonéede l’autre côté & terminée par une feuille, au lieuque les autres font disposées par paires : toutes cesfeuilles ont un pouce & demi ou deux pouces delong fur un pouce de largeur vers le milieu, poin-tues par les deux bouts , relevées fur le dos d’uafilet considérable, subdivisé en menus vaisseaux jus-ques fur les bords ; elles font fermes, vert-luilânt,un peu foncé , & d’un goût aromatique mêlé de

septicité :Í1 est du Terebinthe comme du Lentilquec’est-à-dire que les pieds qui fleurissent ne portentpoint de fruit, & que ceux qui portent des fruitsordinairement ne fleurissent pas ; ses fleurs naissentà l’extremité des branches fur la fin d’Avril, avantque les feuilles paroissent; ces fleurs font entasséesen grappes branchues & longues d’environ quatrepouces : chaque fleur est à cinq étamines qui n’ontpas une ligne de long, chargées de sommets cane-lez, vert-jaunâtres, ou rougeâtres , pleins d’unepoussière de même couleur ; toutes ces fleurs fontdisposées par bouquets fur leurs grappes, & chaquebouquet est accompagné de quelque petite feuillevelue, blanchâtre, pointue , longue de trois ouquatre ligues; les fruits naissent fur des pieds difté-rens,rarement fur le même que les feuilles: ils com-mencent par des embryons entassez aussi en grap-pes de trois ou quatre pouces de longueur & s’éle-vent du centre d’un calice à cinq feuilles verdâtres,pointues, qui à peine ont une ligne de long : cha-que embryon est luisant, lisse, vert-gai,ovale poin-tu , terminé par trois crêtes couleur d’écarlate ; ildevient ensuite une coque assez ferme , longue detrois ou quatre lignes, ovale, couverte d’une peauorangée ou purpurine, un peu charnue, stiptique,aigrelette', reíìneuse, la coque renferme un noyaucharnu, blanc, enveloppé d’une peau roussette : lebois du Terebinthe est blanc.

Le Cadi gouverne tout le pays en temps de paix :pendant la guerre on y envoye un Pacha pour com-mander les troupes. Le Mufti de Constantinoplenomme le Cadi de Scio ( c’cst un Cadi à yoo. aí-pres par jour, c’est-à-dire du premier rang) car enTurquie, quoi qu’il n’y ait point d’appointemenspour ces sortes d’Officiers , on les distingue parhonneur en plulìeurs rangs, sçavoir ceux de y©o.aspres par jour,de 400. de 300. de 2y. tous cesJuges vivent d’un droit de huit ou dix pour cent,qu’iis retirent ordinairement fur les procez qu’ilsjugent. II n’y a point de Vaivode dans cette Isle,mais seulement un Janissaire Aga commandant en-viron iyo. Janissaires en temps de paix, & 300.011400. pendant la guerre. 11 n’y a pas dans Scioplus de dix mille âmes parmi les Turcs, & troismille parmi les Latins ; mais on en compte biencent mille chez les Grecs.

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b Uftxyti S) síj-iÎv T»v P#Tlï»f i TífUoS'lj». Dios. ibid,

yt.