DU LEVANT. Lettre X 161.
facettes , comme l’on taille les diamans. Nousn’avons rien vû de plus superbe dans le Levant :l’entre-deux étoit de maçonnerie ; mais les toursqui les défendoient étoient toutes de marbre , &avoient leurs fausses portes pour y j ester des soldatsdans le besoin.
La croupe de la montagne du côté d u midiétoit couverte de maisons en amphithéâtre, & re-gardoit fur la mer. Vers le bas de la même crou-pe se voit encore la place d’un théâtre, dont on aemporté les marbres pour bâtir Cora. 11 étoit situéau dessous & à droite d’une chapelle appellée » Nô-tre-Damc de mille voiles, ou Notre-Dame de laGrote, à cause d’une fameuse grote remplie de con-gélations. Les environs de la chapelle font cou-verts de colonnes de marbre, les unes rondes & lesautres à pans.
En descendant du theatre vers la mer , on nevoit dans les champs que colonnes cassées & quar-tiers de marbre : la plupart des colonnes font oucaneîées ou à pans ; quelques-unes rondes, d’autrescarrelées fur les cotez avec une plate bande fur ledevant & fur le derrière, comme celles du frontis-pice du Temple d’.Apollon à Delos. II y a auíîiplusieurs autres colonnes à disseréns profils furquelques terres voisines : elles font encore disposéesen rond ou en quarré , ce qui tait conjecturerqu’elles ont servi à des|Temples ou à des portiques.On en voit de même en plusieurs endroits de rifle.
Les ruines des maisons parmi lesquelles on la-boure présentement, sont de maçonnerie ordinairemêlée de briques, & de quelques pieces de marbreornées de moulures ou simplement équarries.Nousn’y trouvâmes aucunes inscriptions. II eítvraique celle des premiers temps de la belle Grece fontou briíées ou si effacées, qu’on ne peut les déchifrer.
A l'égard de la largeur de la ville, elle ocupoitune partie de cette belle plaine , qui vient depuisCora jusques à la mer du côté du midi, & du côtédu couchant jusques à la rivière qui coule au delàdes ruines du Temple de Junon. Les eaux de la ri-vière venoient à la ville balle & au quartier du Tem-ple par un aqueduc, dont on voit encore quelquesarcades fur le chemin de Miles à Pyrgos, & dontla fuite se trouve au port de la b ferme du grandcouvent de Nôtre Dame : mais dans cet endroit-làce n’eít plus qu’une muraille fort longue & astèzbasse qui peut-être ne supportoit qu’une partie descanaux. Ces canaux étoient d’une excellente bri-que de la terre de Bavonda, & s’emboitoient fortproprement les uns dans les autres ; on en voit en-core plusieurs pieces à Cora, servant à vuider leseaux des terrasses.
Outre cet aqueduc , les eaux qui viennent deMetelinòus, se déchargent aussi à l’entrée de la vil-le basse, après avoir passé fous les arches d’un aque-duc à travers le vallon qui méne de Cora au Vati,
Tom. /.
quand on ne veut pas palier par Metelinòus. A; droite de ce vallon elt îa montagne fur laquelle laville haute est bâtie : à gauche c’est une montagneque Rappellerai dans la fuite la montagne percéepour des raisons que je proposerai. Oir passe cepetit ruisseau le long de la marine en allant de Ti-gani aux ruines du Temple , & l’on voit encoredances quartiers-la les ruines d’une Eglise desChrétiens, qulparoît avoir été considérable. Audela de ce ruilieau on en traverse un autre qui vientdroit de Cora, & qui suivant les apparences étoitdestiné pour la ville haute. La direction de quel-ques arches couvertes de terre, dont la filetire vers Cora , montre bien que ces eaux étoientconduites à la ville : car elles prennent le tour dela montagne par un canal encore assez sensible.
Sur la gauche du vallon dont je viens de par-ler , assez prés de l’aqueduc qui le traverse , scvoyent des cavernes ; l’entrée de quelques-unes aété taillée au marteau avec beaucoup de foin ; & lìl’on en veut croire les gens du pays, elles ferventdepuis plus de 2000. ans de retraite aux moutons,aux chèvres & aux vaches : c’est pour cette raisonque la terre y est remplie d’une prodigieuse quanti-té de nitre. On nous assura qu’on avoit bouchéune de ces cavernes où ce sel est tout cristallise;j les Turcs n’ont pas l’esprit de s’en servir, & met-! troient à la chaîne les Grecs qui oíeroient y toucher.! . Il y a beaucoup d’apparence que quelqu’une dej ces cavernes taillées au marteau, est le reste d’unede ces merveilles qu’Herodote dit que l’on regar-dent comme les plus grands ouvrages de toute laI Grece. Eupaline Architecte deMegare, avoit euj la conduite de celui-ci. Les Samiens , pour me ser-vir des termes d’Herodote, percèrent une montagne; de i yo. toises de haut , & pratiquèrent dans cette ou-) verture , qui avoit 875". pas de longueur , un canal de! 20. coudées de profondeur fur trois pieds de large ,
! pour conduire à leur ville les eaux dé une belle four -j ce. On voir encore feutrée de cette ouverture, le; reste s’est comblé depuis ce tcmps-là. La belle< source qui avoit fait entreprendre un si grand ou-j vrage, est sans doute celle de Metelinòus dont je1 parlerai en son lieu ; car ce village est situé de l’au-| tre côté de la montagne percée. Au sortir de cej merveilleux canal, l’eau paísoit sur l’aqueduc quij traverse le valon, & se rendoit à la ville paruncon-( duit qui prenoit le même tour que le canal de Co-j ra. La profondeur du canal qui traversoit la mon-tagne est surprenante ; mais on avoit peut-être été! contraint de lui donner cette profondeur pour con-server le niveau de la source. Laurent Valla n’apas eu raison de croire que la largeur de ce canalfût le triple de sa profondeur; car certainement l’ou-verture, autant qu’on en peut juger par ses restes,n’avoit pas 60. coudées de large ; & Tailleurs uncanal de ce diamètre fur 20. coudées de profondeurX se-
a Thtvayict KiXhtpfjuvHre* mù 'l'rt/.íjíj.b Mitsx* fj.iyi.ie/ii íTJtáytdí, iíeró^t , juî si^nîjìi en Grec
vultuírt, une ferme, uni mn'tfm itcumpiine, vitnt de uncímeis »habitatio,