DU L E V A
sar 1c purpurin sans être panachée. De quelquecouleur qu’elle soit , elle ett toûjours percéedans le fond & articulée avec le calice. Des en-virons du trou de la fleur , naissent dix étami-nes longues d'une ligue & demi , blanchâtres,un peu courbes, chargées chacune d’un sommetaussi long , jaune songé tirant sur le feuille-mor-te. Le calice est un bouton verdâtre, plat en de-vant & comme piramidal en derriere, long d'u-ne ligne & demi , découpé en cinq parties quiforment un petit bassin relevée d’une espece debourlet creux dans le milieu , comme dans lesautres especes de ce genre. Du centre de ce bas-sin sort un filet menu , long de 4. ou 5. lignes.Les feuilles de cette plante ont un goût d’herbequi tire fur l’aigre. Les fleurs font fans odeur.Je n'ai vû que des fruits verts d’environ trois Ilignes de long , aigrelets & creusez en devant en !maniéré de nombril. C’est la plus grande especede Vitis Idœa qui soit connue. II y a apparenceque c’est celle que Galienà nommée ApxT*rd<pv>a><ou Raisin d'Ours : cet Auteur assûre qu’elle naîtdans le Royaume du Pont, A qu’elle a les feuil-les semblables à Y Arbousier , ce qui est vrai, sil’on compare les feuilles de cette plante à cellesde Y Arbousier Adrachne , laquelle est aussi com-mune en Grece, & plus commune en Asie,d’oùctoít Galien , que nôtre Arbousier ordinaire.
Nous ne fîmes que z;, milles le 21. Mai , &l’on dressa nos tentes proche d’un moulin d’eauà la vûë de Trebisonde, que les Turcs appellent’Tarabafan , où nous arrivâmes le lendemain enquatre heures de temps à la voile & à la rame.Cette ville n’est devenue célébré dans l’Histoireque par la retraite des Comnenes, qui après laprise de Constantinople par les François & parles Vénitiens , en firent le siège de leur Empire.Anciennement Trebisonde étoit regardée com-me une Colonie de Sinope à qui même elle pa-yoït tribut, comme nous l'apprenons de Xeno-phon qui passa par Trebisonde en reconduisantla reste des Dix mille. Xenophon raconte la tristeavanture qui leur arriva pour avoir mangé tropde miel. Voici, Monseigneur, la description desplantes fur lesquelles les abeilles le sucent.
Cham<erhododendros Pontica maxima , Mesipili fo-lio , flore luteo. Coroll. lnst.Rei herb. 42.
Cet arbrisseau s’éleve à sept ou huit pieds dehaut & produit un tronc presque aussi grosque la jambe , accompagné de plusieurs tigesplus menues divisées cn branches inégales , fai-bles , cassantes. blanches, mais couvertes d’uneécorce grisâtre à lisse , íì ce n’est aux extrémitezoù elles font velues & garnies de bouquets defeuilles aíïez semblables à celles du Néflier desbois, longues de 4. pouces fur un pied & demide largeur , pointues par les deux bouts, vert-
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gai , légèrement velues , excepté fur les bordsoù les poils forment comme une espece de sour-cil. La côte de ces feuilles est assez forte & sedistribué cn nervure fur toute la surface. Cettecôte n’est que la suite de la queue des feuilles,laquelle le plus souvent est de trois ou quatre li-gnes de long fur une ligne d’épais. Les fleursnaissent 18. ou 20. ensemble par bouquets à l’cx-tremité des branches , soutenues par des pédi-cules d’un pouce de long, velus, & qui naissent;des aisselles de petites feuilles membraneuses ,blanchâtres , longues de sept ou huit lignes furtrois lignes de largeur. Chaque fleur est un tuyaude deux lignes & demi de diamètre, légèrementcanelé, velu, jaune tirant fur le verdâtre. II s’é-vasc au delà d’un pouce d'étendue & sc divise eucinq parties, dont celle du milieu a plus d’unpouce de long fur presque autant de largeur, ré-fléchie en arriéré de même que les autres, &terminée en arcade gothique, jaune-pâle quoi-que doré vers le milieu. Les autres parties fontun peu plus étroites & plus courtes, jaune-pâleaussi. Cette fleur qui est percée en derriere par-ticule avec le pîstile , lequel est piramidal , ca-nelé , long.de deux lignes , vert-blanchâtre , lé-gèrement velu, terminé par un filet courbe ,long de deux pouces , arrondi à son extrémitéen maniéré de bouton vert-pâle. Des environsdu trou de la fleur sortent cinq étamines pluscourtes que le pîstile , inégales, courbes, char-gées de sommets longs d’une ligne & demi, rem-plis de poussière jaunâtre. Les étamines font demême couleur, velues depuis leur naissance jus-ques jvers le milieu, & toutes les fleurs font pen-chées fur les côtez , de même que celles de laFraxinelle. Le pîstile devient dans la fuite un fruitd’environ quinze lignes de long fur six ou septlignes de diamètre , dur , brun , pointu, relevéde cinq côtes. Il s’ouvre de la pointe à labaze ensept ou huit parties, creusées en maniéré de goû-tiere, lesquelles assemblées avec le pivot qui enoccupe le milieu , forment autant de loges rem-plies de graines. Les feuilles de cette plante fontsliptiques. L’odeur des fleurs approche de celledu Chèvrefeuille , mais elle est plus forte & porteà la tête.
Chamxrbodedendros Pontica , maxima , folt»Leurocerafi , flore cxruleo purpurafeente. Coroll.Instit. Rei hetb. 42.
Cette espece s’éleve ordinairement à la hau-teur d’un homme. Son principal tronc est pres-que aussi gros que la jambe. Sa racine trace jus-ques à cinq ou lix pieds de long, partagée «sa-bord en quelques autres racines grosses commele bras , distribuées en subdivisions d’un pou-ce d'épaisseur. Celles-ci diminuent insensible-ment , accompagnées de beaucoup de cheveu.
N L Elles