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Relation D'Un Voyage Du Levant, Fait Par Ordre du Roi : Contenant L'Histoire Ancienne & Moderne de plusieurs Isles de l'Archipel, de Constantinople, des Côtes de la Mer Noire, de l'Arménie, de la Géorgie, des Frontières de Perse & de l'Asie Mineure / Par M. Pitton de Tournefort : Avec Les Plans des Villes & des Lieux considerables; le Genie, les Meurs, le Commerce & la Religion des differens Peuples qui les habitent; Et l'Explication des Médailles & des Monument Antiques. : Enrichie de Descriptions & de Figures d'un grand nombre de Plantes rares, de divers Animaux; Et de plusieurs Observations touchant l'Histoire Naturelle
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DU LEVA

ceux quî remplissent les magasins, & ceux mêmesqui vont encore plus loin chercher les Droguesfur les lieux & dans les villages où les paysans lesapportent de la campagne, ne font guere mieuxinformez. Je ne vois rien de si difficile que defaire une bonne Histoire des Drogues , c’elt-à-di-re, de décrire non seulement tout ce qui composela matière medecinale , mais encore de faire ladescription des Plantes, des Animaux & des Mi-néraux d'où l’on les tire. Non seulement il fau-droit aller en Perse , mais aussi dans le Mogolqui est le plus riche Empire du monde, & où l’onreçoit parfaitement bien les étrangers , fur toutceux qui font riches en tspeces d’or & d’argent.Tout s’y achette argent comptant, & il n’est per-mis d’en faire sortir que les marchandises, ainsitoutes les monnoyes étrangères relient dans lepays, où elles font converiies en celles du Prin-ce : mais quelle peine n’auroit-on pas quand onseroit dans ce Royaume, lï l’on vouloir s’éclair-cir par foi même de ce qui concerne laconnoissan-ce des Drogues? On se trouveroit obligé de setransporter sur les lieux où elles naissent , pourdécrire les Plantes qui les produisent ; & à com-bien de maladies ne s’exposeroît-on pas ? La vied’un homme suffiroit à peine pour observer cel-les que l’Asie produit. II faudroit d’ailleurs par-courir la Perse , le Mogol , les Iles de Ceylan ,Sumatra , 'Ternate , & je ne íçai combien d’autrescontrées où l’on ne trouveroit pas les mêmes fa-cilitez que chez le Mogol. La feule Rhubarbedemanderoit un voyage à la Chine ou en Tar-tarie. Ensuite il faudroit descendre en Arabie ;en Egypte , en Ethiopie. Je ne parle pas desDrogues qui ne se trouvent qu’en Amerique,& qui ne sont pas moins pretieuses que cellesque nous fournissent les autres parties du mon-de. En allant en Amerique il faudroit relâcherdans les Iles Canaries pour décrire le Sang deDragon.

Après cela je ne fuis pas surpris si ceux qui semêlent d’écrire l’Hiltoire des Drogues , fonttant de beveuës ; & moi le premier. On nerapporte que des faits incertains & des descrip-tions imparfaites. U ell encore plus honteuxpour nous de ne pas connoître celles qui sepréparent en France. Où trouve-1-on des re-lations exactes du Vermillon , du Tournesol ,du Vtrt-de-gris , de la Poix , de la Terebentíne ,du Sapin , de la Meleze , de Y Agaric , de nosV,mAsì

N T. Lettre XIX. if f

En causant dans les Caravanseraîs d’Erzeron ,,nous apprîmes par les Caravaniers de Wan rville de Turquie fur la frontière de Perse à huitjournées d’Erzeron,. queTon amassoit avec foinla terre qui est fur les grands chemins par oùpassent les Caravanes de Chameaux. On lessivecette terre & l’on en tire tous les ans plus decent quintaux de Nitre. , que l'on débite prin-cipalement dans le Curdstan pour faire de lapoudre. On nous assûra que la terre deschamps voisins des chemins de Wan , nedonnoit point de Nitre. Il faut cependantqu’elle contienne quelque chose de propre à de-venir Nitre par le mélange de l’urine des Cha-meaux.

La poudre à canon ne vaut pas quinze folsToque à Erzeron T aussi n’est-elle bonne quepour charger , il. en faut dé plus fine pouramorcer. Tout. le monde y charge à cartou-che , & rien n’est mieux imaginé pour tirerpromptement avec nos fusils. Ceux que Mr. dela Chaumete vient d'invcnter , valent incompa-rablement mieux , & donnent la supériorité da.feu â ceux qui s’en fervent. On n'a jamaisporté les armes au point de perfection où Mr.de la Chaumete les a mises. Les Gibecièresdont on fe sert en Levant, font composées detuyaux de canne assemblez ordinairement à doo-ble rang , assez semblables aux anciennes Huttes,de Pan , ou pour me servir d’une comparai-son plus intelligible , aux fiSets de ces Chau-dronniers ambulans qui vont chercher de l’ou-vrage de Province en Province. La Gibecieredes Orientaux est légère , courbe, & s’accom—mode aisément sùr le côté. Ses tuyaux fonthauts de quatre ou cinq pouces , & couvertsd’une peau assez propre ; chaque tuyau contientfa charge , & cette charge est un tuyau de pa-pier rempli de la quantité de poudre & deplomb nécessaire pour tirer un coup. Quand onveut charger un fusil , on tire un de ces tuyauxâ la Gibeciere ; avec un coup de dent on ouvrele papier du côté où est la poudre , on la vuideen même temps dans le canon du fusil , & onlaisse couler le plomb qui est enfermé dans lereste du tuyau de papier. La charge est. faiteavec un coup de baguette que Ton donne pardessus , & le même papier r qui renfermoit la pou-dre & le plomb , sert de bourreJ’ai Thonueur d’être avec un profond respect»&c.

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