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aucuue raison ; maïs d’un autre côté ïl faut leurrendre justice , les banqueroutes fout ttès-rares .parmi eux.
Les Marchands de Juifa -ont faît un Traitéavec le Grand Duc de Moscovie pour faire passerdans ses Etats toutes les marchandises qu’ílstrouveront à propos , & pour cela il n’est permisà aucun Marchand d’Europe , de quelque nationqu’il soit, d’avancer plus avant qu’à Astracan •ville puissante que les Moscovites posledent depuisFan ifí4 Elle est située au delà de la Mer Cas-
£ ienne sur les frontières de PAíìe & de l’Europe.
,e Grand Duc favorise , autant qu’il peut, ce com-merce^ ceux de Juifa payent la douanne de toutce qu’ils font entrer en Moscovie , mais ils nepayent rien des marchandises qu’ils font passerde Moscovie en Perse. Voici le chemin qu’ilstiennent pour aller & venir. D’Hispaham ils sontporter leurs marchandises àTauris, à Schamakée& à Nosava Port sur la Mer Caspienne à troisjournées de Schamakée. Oh embarque à Nosavala soye & les autres marchandises de Perse & duMogol pour les faire passer à Astracan. D’Astracanon les transporte par terre à Moscou , & delà àArchangel qui est le dernier Port de Moscoviesur l’Ocean Septentrional. Les Anglais & lesHollandois y font un grand commerce ; on y em-barque les marchandises pour Stokholm , & delàpar le Détroit d’Elscneur on les tait passer en Hol-lande & en Angleterre.
Frédéric Ducde Holsteîn, comme dit Olearius,ût bâtir la ville de Frederkjlad dans le Duché deHolslein ,pour y établir un commerce de soyeplus considérable que tous ceux qui se font enEurope. Pour cet esset il résolut d'entretenir cor-respondance avec le Roi de Perse afin d’en faci-liter le transport par terre ; mais cela ne le pou-vant faire fans la permission du Grand Duc deMoscovie, il jugea à propos en Tannée 1633. delui envoyer une Ambassade solemnelle , à laquel-le ìl nomma Crustus l’un de ses Conseillers d’E-«at, & Brugman Marchand d’Hambourg ; ce der-nier par son mauvais procédé joint aux dangersqu’il y avoir à essuyer en passant chez les Tartaresdu Dagesthan , fut cause que rétablissement dessoyes échoua ; convaincu ensuite de malversa-tions , il fut condamné à mort & exécuté à Got-torp le 5 May 1640. Les Hollandois qui ontvoulu depuis ce temps - là se rendre les maîtres<des soyes de Perse qui viennent à Astracran ,font obligez d’en prendre une certaine quantitétous les ans, ce qui fait qu’ils gagnent peu furcette marchandise, parce que les Arméniens leurfont prendre la bonne & îa mauvaise fans distinc-tion. Mr. Présent nous assura que les Anglais ;chargeoient beaucoup de marchandises d’Alïe àAixha-..gel , & qu’ils y trouvoîent les meilleurs
Y A G E
Caviars qu’on puislè manger. Celui que l’on venden Turquie vient de la Mer Noire , il est mal-propre & enfermé dans des outres : au contrairele Caviar de la Mer Caspienne est fait avec beau-coup de foin, & on l’enquaistcproprement. Nousmangeâmes chez Mr. Preicot "des œufs d’Estur-geons qui avoient été salez aux environs de laMer Caspienne, & des Caviars salez dans les mê-mes endroits , lesquels nous ttouvâmes excel-lent; les Saucissons faits à Marseille ne font pasmeilleurs.
Nous ne pouvions nous empêcherde rire dansles Caravanscrais d’Erzeron, en voyant faire lesmarchez parmi les Arméniens. On commence,de même que chez les Turcs, à mettre de Pur-gent fur la table , après cela on chicane autantqu’on peut , en ajoutant une piece fur l’autre ;cette chicane ne se fait pas fans bruit. Nouscroyions , à les entendre parler , qu’ils étoientprêts à se couper la gorge ; mais il ne s’agit derien moins entre eux. Après s’étre poussez & re-poullèz avec violence, les Courretiers ou Entre-metteurs du marché, serrent avec tant de forceles mains de celui qui veut vendre , qu’ils le fontcrier. & ne le quittent pas qu’il n’ait consenti quePacheteur ne payera qu’une certaine somme, en-suite chacun rit de son côté. Ils prétendent, avecraison , que la veuë de l’argeut fait plutôt con-clurre les marchez.
A l’égard de la Religion, tout le monde[sçaitque les Arméniens font Chrétiens, & ce seraientde très-bons Chrétiens fans le schisme qui les sé-pare de nous. On les accuse d’être Eutychiens,c’est à dire de ne reconnaître qu’une nature en Je-fus-Christ , ou pour mieux dire deux natures si-bieu confondues , que quoiqu’ils admettent lesproprietez de chacune en particulier, ils ne veu-lent pourtant entendre parler que d’une feule na-ture. Leurs plus habiles Evêques prétendent selaver de cette heresie , & soutiennent que toutePerreur vient de la disette de leur langue, laquel-le manquant de termes propres , fait qu’ils con-fondent souvent le mot de nature, avec celui depersonne. Lorsqu’ils parlent de l 'Union bypssta -tique, ils croyení la prouver assez en contestantque Jésus-Christ dans l’incarnation est Dieu par-fait & homme (parfait, fans mélange, fans chan-gement , & fans confusion. La vérité est qu’ilsne s’expliquent pas tous également, & quelaplû-part ont grande vénération pour deux fameuxEutychiens Diostore & Barsuma. Quand on leurreproche qu’ils excommunièrent les Peres duConcile de Calcédoine pour avoir condamné lespremiers de ces hérétiques : ils avouent que quoi-qu’il paroisse ridicule d’excommunier les morts,la coutume s’en ctoit introduite parmi eux pourse vajiger des Grecs , qui dans toutes leurs fête*
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