DU LEVA
tuez pour se préparer aux quatre grandes fêtes deNoël , de Y Ascension , de l’ Annonciation , & deSaint George. Ces Carêmes font aussi rigoureuxque le grand , il ne faut parler pour-lors , nid’œufs, ni de poisson , pas même d’huile ou debeurre ; il y en a qui ne prennent aucune nour-riture pendant trois jours dc fuite.
Les Arméniens ont sept Sacremens commenous , le Baptême , la Confirmation , la Péniten-ce , Y Eucharistie , YExtrême-Uéíion, l'OrdreSa leMariage.
Le Baptême chez eux le fait par immersioncomme chez les Grecs, & le Prêtre prononce lesmêmes paroles, 'Je te baptise au nomdu Pere , dufils & du Saint Èspnt : il plonge trois fois Pensantdans Peau en mémoire de la Sainte Trinité.Quoique nos Missionnaires les ayent désabusezde répeter les mêmes paroles à chaque irnrner-,lion , il y a encore beaucoup de Prêtres qui lefont par pure ignorance. Pendant que le Curé ré-cité quelques prières de l'on Rituel, il fait un cor-don moitié de coton blanc , & moitié de soyerouge , dont il a lui-même tordu les fils sé-parément. Apres savoir passé au col de Pensant,il faitjes onctions avec le St. Chrême, au front,au menton, à l’eílomac, aux aisselles, aux mains& aux pieds, en faisant le signe de la croix fr r |chacune de ces parties. La cérémonie du cordon Ise fait , disent-ils, én mémoire d u sang & de Peau jqui sortirent du côté de Jesus-Chriit lorsqu’íl re- iceut le coup de Lance sur la Croix. On ne baptise ]que le Dimanche , à moins que Pensant ne soit Jcn danger de mort, & le Prêtre impose toujoursle nom du Saint dji jour, ou de celui duquel ondoit faire la fête le lendemain, supposé qu’il n’yait point de Saint particulier le jour du baptême.La sage - femme porte Pensant à l’Eglise ; maisc’est le Parrain qui le rapporte chez la Mere auion des tambours, des trompettes, & des autresinstrumens du pays. La Mere se posternepour re-cevoir son enfant, & le Parrain dans ce temps-labaise le dessus de la tête de la Mere ; ensuite onse met à table avec les pareils, les amis, & le JClergé. Il faut que le Clergé soit de la fête, parceque les Arméniens croyent qu’il n’y a que les Prê-tres qui puissent baptiser valablement dans quel-que rencontre que ce soit. J’aí même ouï direqu’il y avoit des Prêtres qui baptisoîent les eníansmorts , & je n’ai pas de peine à le croire, puis-qu’ils ne donnent l’Extrême-Onction qu’aux tré-passez.
Les Baptêmes qui se font le jour de Noël sontles plus magnifiques& l’on renvoyé àcejour-làles enfans dont la lanté permet qu’on diffère lacérémonie. Les fêtes les plus célèbres se font prin-cipalement dans les lieux où il y a quelque étangou quelque riviere.On dresse pour cela un petit au-
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tel fur un bateau tout couvert de beaux ‘tapis 5 leClergé s’y rend dès que le soleil se leve , accom-pagné des parens , des amis & des voisins pourqui l’on prépare des bateaux ornez de même. Quel-que rude que soit la saison , après les prières ordi-naires , le Prêtre plonge Pensant trois fois dansPeau , & lui fait les onctions. Les pères n’en fontpas quittes à bon marché, car la fête se passe enfestins & en préfens aussi y a-t-il beaucoup deperes qui n’attendcnt. pas la fête de Noël , &qui supposent que leur enfant est mourant. Eneffet quelle folie de s’incommoder faus riécessi-j té ? Les Gouverneurs des Provinces s’y trouventsouvent , le Roi même vient quelquefois àJ u Isa pour voir ces fortes de fêtes: U faut alorsfaire beaucoup de préfens , outre les festins &les colations. Les-femmes accouchées ne vont àl’Eglise que 4 >. jours après leur accouche-ment , elles observent plusieurs superstitions Ju-daïques.
Il paroît par ce que l’on vient de dire , que lesArméniens confèrent deux Sacremens à la fois,le Baptême & la Confirmation , puisqu’ils don-nent le Samt Chrême aux enfans. Ils croyentque tous les Prêtres peuvent administrer ce Sa-crement , mais ils font persuadez qu’il n’y a quele Patriarche qui puisse bénir le Saint Chrême.
Pour la Communion , les Prêtres donnentaux fidelles un morceau de l’Hostie consacrée,& trempée dans le vin consacré; mais il est scan-daleux qu’ils communient les enfans à l’âge dedeux ou trois mois entre les bras de leurs mè-res , parce qu’ils rejettent le plus souvent les es-peces consacrées. Les Prêtres Arméniens consa-crent avec du pain sans levain , & font eux-mêmes les hosties la veille du jour qu’ils doi-vent consacrer ; elles sont semblables aux nôtres-,si ce 11’esl qu’dlcs ont trois ou quatre fois plusd’épaiífeur. Avant que de commencer la Messe,le Prêtre prend foin de mettre l’hoíìie fur unepatène, & le vin tout pur dans un calice. Jesus-Christ, disent - ils, fit la Cene avec le vin , &réserva l’eau pour le Baptême. Le Prêtre couvreles especes d’un grand voile & les enferme dansune armoire près de l’autel du côté de l'Evangi-le. A l’Offertoire il va prendre le calice & lapatène en cérémonie, c’elt à dire suivi des Dia-cres & des Sousdiacres , dont quelques-uns por-tent des flambeaux, & les-autres des plaques decuivre attachées à des bâtons assez longs , &garnies de clochettes qu’ils font rouler d’une ma-nière assez harmonieuse. Le Prêtre precedé desencensoirs & au milieu des flambeaux & de ces-instrumens de musique, porte les especes en pro-cession autour du sanctuaire. C’cst alors que lepeuple mal instruit se prosterne & adore les espe-ces non consacrées. Le Clergé encore plus cou-X Z pable.