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pable chante 2 genoux un Cantique qui commen-ce , le Corps du Seigneur efl présent devant nous.
Il semble que les Arméniens ayenc pris cetteabominable coutume des Grecs : car les Grecs , ;comme nous l'avons remarqué , par une igno- ;rance inexcusable adorent aussi les espcces avant ;la consécration. Leur erreur vient de ce qu’au- Itrefois ils croyoîent qu’il n'étoit permis de cele- 'brer que le jeudi Saint, & coníacroietit cejour-là autant d’hosties qu’il en falloit pour tons les !jours de Tannée; on les gardoit dans une armoire jà côté de TEvaugile, & le peuple avoir raison !de les adorer quand le Prêtre les portoit de cet-te armoire à l’autel. Après cette petite processionle Prêtre met les espaces fur Tautel , & pronon-ce les paroles sacramentelles ; se tournant versle peuple qui se prosterne, baise la terre & frappesa poitrine; il leur montreThostie & le calice, endisant , Foici le Corps st le Sang de Jésus - Christqui a été donné pour nous. íl se tourne ensuite versTautel & communie en mangeant Thostie trem-pée dans le vin. Quand il donne la communionaux fidellesil repete trois fois les paroles sui-vantes pour en mieux frire sentir Ténergie : Jecrois fermement que ceci est le Corps est le Sang duFils de Dieu qui nte les pechez du monde , st quinon seulement est mon propre salut , mais celui detous les hommes. Le peuple répete tout bas cesparoles mot pour mot.
Malgré cette sainte précaution les Arméniens■Schismatiques ne paroissiens gueres pénétrez de lagrandeur de cet adorable mistere. Ils se présen-tent la plûpart à la Communion sans prépara-tion , & on la donne aux enfans de r;, ou 16.ans » fans Confession , quolqu’à cet âge ils nesoient pas si innocens que les peuples le suppo-sent. Les Arméniens communient rarement àla campagne , pareeque souvent le peuple n’a-pas de quoi faire dire la Messe , & les Prêtresleur persuadent qu’une Messe mal payée n’a pasgrande vertu.
Nos Missionnaires se font admirer par leurScience , par leur zélé & par leur générosité ;mais les Schismatiques détruisent , par leur ar-gent, ce que ces hommes Apostoliques édifientde plus solide. Les Missions les plus fleurissantestomberont à la fin fi Dieu ne change le cœur desSchismatiques. Ces malheureux qui n’apprehen-deut rien tant que les saints progrès de nosPrêtres , intéressent des puissances de TEtat, &ne cessent de leur représenter combien il seroit-dangereux de soutfrlr que les Latins se multi-pliassent chez eux; que ces gens malintentionné*pour le gouvernement font dévouez au Pape &aux Princes Chrétiens ; qu’il faut les regarder■comme autant d’elpions , qui fous prétexte deReligion viennent pour reconnaître ies forces du
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pays ; qn’ils n’inspirent à ceux de leur Rite queTcsprit de sédition & de révolte ; que les pluspuillans Princes d’Europe ne s’interelleroientpas pour eux s’ils ne s’en servoient comme d'au-tant d’Emissaircs propres à étendre un jour leursconquêtes. Toutes ces fausses raisons appuyéesde force sequins, font ouvrir les yeux aux Ma-hométans ; & malgré toutes les recommanda-tions du monde , on oblige ies Missionnaires àse retirer. Néanmoins ces Apôtres ne se rebu-tent point ; on volt tous les jours en Levant denouveaux Capucins , des Dominicains , desCarmes , des Jésuites, des Prêtres des Missionsétrangères de Paris. Ils instruisent ceux qui seprésentent, ils baptisent, ils ramènent au bercailles brebis égarées , ils ouvrent les portes du Cielaux Elus.
Quel dommage que les Arméniens n'ouvrentpas les yeux, car d'ailleurs ils font d’un bon na-turel & portez à la dévotion ! Leurs Eglises fontd’une grande propreté depuis qu’il s ont vû lesnôtres ; il n’y a dans chaque Eglise qu'u n seulautel placé au fond de la nef dans le sanctuaire,où Ton monte par cinq ou six marches. Us fontdes dépenses considérables pour orner ce sanctuai-re. Il n’est permis à aucun séculier, de quelquequalité qu’il soit , d’y entrer. On voit bien parles richesses de ce lieu , que les Arméniensmanient plus d’écus , que les Grecs de doubles.La misere paroît chez les Grecs dans ce qu’ilsontde plus sacré , à peine ont ils deux petites bou-gies pour dire la Messe. Chez les Arméniens,au contraire , on voit de belles illuminations &de grosses torches; leur chant est bien plus agréa-ble aussi , & la fimphonie des sonnettes attachéesà Tinstrument dont on a parlé, & dont on donneici la figure, inspire je ne sçai quoi qui attendritle cœur ; on en joue à TEvaugile & quand ontransporte les espcces.
Les Arméniens n’apportent pas plus de prépa-ration pour la Confession que pour la Commu-nion ; on peut même dire, fans calomnie, quela plûpart de leurs Confessions font autant desacrilèges. Les Prêtres ignorent Tessentiel de ceSacrement, & les penitens qui font de grandspécheurs aussi-bien que nous, ne sçavent pasdistinguer le péché de ce qui ne Test pas. Malheu-reusement ni les uns ni les autres ne font pascapables de faire un bon acte de contrition. Lesdéclarations des pechez font vagues & indétermi-nées ; fans insister même fur ceux qu’ils ont com-mis , quelques-uns en disent trois fois plus qu’ilsn’en ont fait , & récitent par cœur une liste decrimes énormes , qui a été composée autrefoispour servir de modèle à faire leur examen, S’ilsse confessent d’avoir volé ou tué , bien souventies Confesseurs répondent que Dieu est tout plein
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