m v o y
cérémonies aujourd’hui pour les Ordres sa-crez ; celui qui se destine à l’Etat Ecclésiasti-que , se presente au Curé , accompagné de sonpere & de sa mere qui authorisent la déclara-tion que leur fils fait de vouloir se consacrerà Dieu. .Le Curé bien informé de son dessein,sans se mettre en peine de lui réprescnter lapesanteur du fardeau dont il va se charger ,lans l’exhorter à demander à Dieu les grâcesnécessaires pour perfeverer dans un état fisaint, sans lui ordonner de pratiquer les vertusinséparables de ce ministère , se contente delui mettre une chape sur le dos en récitantquelques Oraisons, Voilà la premiere cérémo-nie. On la répete six fois , d'année en année ,fans garder aucune réglé pour le temps qui setrouve entre deux ; mais lorsque l’Ecclesiasti-que a atteint l’âge de 18. ans, il peut se fairesacrer ; ces impositions de la Chape , accompa-gnées de quelques Oraisons particulières, ne ser-vant que pour les autres Ordres , qui font laClericature, le Sousdiaconat & le Diaconat. Enattendant si le Prêtre veut se marier , commecela se pratique toujours chez eux après la qua-trième cérémonie on lui fait épouser la fille qu’ilsouhaite. Après Pimpesition de la Chape , ils’addresse à un Evêque ou à un Archevêque quile revêtit de tous les habits sacerdotaux. Cettecérémonie coûte plus que les autres, car il fautpayer plus cher à mesure qu’on avance dans lesOrdres. Autrefois les Prêtres Arméniens ne pou-voient pas se remarier après la mort dc leurs fem-iiiesj ils ne se font pas tout-à-fait relâchez fur
L E T T
VOYAGE DE YOCj.
Monseigneur,
Nous commençâmes à tonrner tout de bon ]edos au Levant le n. Septembre , & quoiquenous fussions au fond de laNatolie , il nous sem-bloit que nous voyions les pointes des clochersde France , dès que nous eûmes pris le partide nous approcher de la Mediterranée. Nousn’allâmcs pourtant ce jonr-là qu’â un mille d’Er-7,eron avec une partie de la Caravane qui s’as-sembloit pour Tocat, & nous partîmes le lende-main 1?. Septembre pour les Bains d'Elija où lere'ste des Marchands s’étoient rendus. Ces eauxnous parurent plus chaudes que celles d’Assmca-3 é, & que celles des environs du grand Monastè-re d’Erzeron.
Le 14. Septembre nous marchâmes depuis y.heures-du matin jusques à midi par des pays plats,
AGE
cet article, mais ils ne peuvent plus dire la Mes-se quand ils épousent une seconde femme, com-me lì leur caractère étoit effacé par le secondmariage. Les nouveaux Prêtres sont obligez derester un an dans l'Eglise pour ne s’occuper quedu service Divin : après lequel temps la plus-part couchent dans l’Egliíe la veille du jourqu’ils doivent celebrer ; quelques-uns y restentcinq jours fans venir chez eux , & ne mangentque des oeufs durs » & du ris cuit à Peau & ausel. Les Evêques ne mangent de la viande &du poisson que quatre fois l’aimée. Les Arche-vêques ne vivent que de legumes. Comme ilsfont consister la perfection de la Religion dansles jeûnes & dans les abstinences , ils les augmen-tent à mesure qu’ils font élevez en dignité ; furce pied-là les Patriarches devroient quasi lè lais-ser mourir de faim. Nos Miffionaires sont obli-gez d’entrer un peu dans leurs manières , caron ne peut mériter leur estime que par des jeûnesoutrez.
Les Prélats ne font de I’Eau-benite qu’une foisl’année, & ils appellent cette cérémonie le Bap-tème de la Croix , parce que le jour de VEphipba-nie ils plongent une croix dans Peau après avoirrécité plusieurs oraisons ; & après que l’Eau-be-nite est faite , chacun remplît son pot & Pem-porte chez foi ; les Prêtres , & fur tout les Pré-lats , retirent de cette cérémonie un profit très-conlìdérable.
J’ai Phomieur d’être avec un profond respect,
&C. y
R E XXI.
^ ET D'ANGORA,
mais si secs & si brûlez qu’on n’y trouvoit ni plan-tes ni graines. Noire Caravane n’étoit que d’eu-viron zoo. personnes , presque tous Arméniensqui conduisoient des soyes à Tocat, à Smyrne& à Constantinople. On partît le j 5. à cinq heu-res & demi, & l’on campa vers le midi fur cettebranche de PEuphrate qui passe par la plained’Erzeron sous le pont d’Elija. Nous Pavions toû-jours côtoyée à gauche, mais la campagne nousparut bien plus rude que celle du jour précédent;ce ne sont que rochers qui déterminent l'Euphra-te à couler vers le couchant. Les bords de cetterivière sont couverts d’une belle espece d 'Epitte-v'mette , plus haute que la nôtre , & que l’ondistingue par son fruit. C’est une grappe à f ptou huit grains cilinckiques, longs d’environ 4. li-