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trouvâmes rien de considérable pendant le restedu chemin jusques á la ville. On entendoit chan-ter les perdrix , & le gibier de routes les especesy est très-abondant , de même que dans toutle reste de la Natolie.
• Le lendemain nous ne vîmes que des Chênes& des Pins pendant neuf heures de marche. Tan-tôt ce font de petites vallées ., & tantôt desmontagnes d’une hauteur considérable. On n’yvoit qu'une plaine assez jolie où est le village deGeder fur une petite riviere du même nom. Pas-sé le village ee ne sont plus que rochers escarpezà droite & à gauche, garnis de quelques- bouquetsde bois.
Le 14. Octobre le paysage fut le même quecelui du jour précédent, mais la marche ne futque d’environ 5. heures. On campa dans une plai-ne assez agréable auprès du village d 'Emar-Pacha.Tous les Tithymales croient couverts d’une petiteeípece de Buccinum fort jolie , longue seulementd’un pouce , sur trois ou quatre lignes de diamètre,presque cilindrique , grisâtre, tournée envis à neufpas, & terminée par une pointe obtuse. La bouchede cette coquille est plus remarquable que tout lereste , car elle est tournée à droite , longue dedeux lignes & demi, pointue en bas , arrondievers le haut & garnie de deux ou trois dents.Cette coquille est commune dans les Isles de 1 *Ar-chipel, & Columna en a fait graver une qui res-semble fort à celle dont nous parlons. Quoiqu’ilne paroisse pas extraordinaire qu’une coquille aitla bouche tournée à droite ou à gauche, cepen-dant il est certain que l’Auteur de la nature a faitlî peu de coquilles avec la bouche & les pas dulimaçon tournez à droite , que les curieux lesrecherchent avec foin. Parmi tant d’especes deBuccinum qui sont dans mon Cabinet , il n’y ena que trois ou quatre dont la bouche & Ics pasde la vis soient tournez dans ce scns-là; sçavoirla petite dont nous parlons , une autre especed’environ deux pouces de long fur un pouce d’é-pais , jaune-luisant , ou marbrée par bandesobliques fauves & jaunâtres avec le tour de labouche blanc. La plus considérable est toute fau-ve , haute de cinq pouces fur deux pouces d'é-paisseur avec la bouche fans rebord ; au lieu queles autres ont la bouche relevée d’un rebord , &que leur limaçon est à huit ou neuf pas.
Le 1L Octobre on marcha dans des defilezhorribles qui aboutistent à une plaine assez belle.Après huit heures démarché on campa au dessousd e Sike. Le lendemain nous fîmes dresser nostentes auprès de Pékin autre village à 4. heures dupremier & dans la même plaine. Tout le pays estriant & bien cultivé. Les Poiriers sauvages yfont couverts de Guy , & j’observai fur leurs
icônes , quelque dure qu’ctt fût l’écorce , la pre-
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miere germination de leurs graines, que je cher-chois depuis long-temps & que jen’avois paseùoccasion de voir en France, où cette plante estsi commune. Ces graines , qui ont la sigured’uncœur, étoient hors de leurs coëffes, & s’étoientattachées par leur glu fur les troncs & fur lesbranches de ces arbres , dans le temps que lesvents ou quelqu’autre cause les faisoit tomber.Chaque graine étoit couchée sur le côté , de tellesorte que la pointe de la radicule commençoit àse planter dans l’écorce, tandis que les yeux dela même graine se développoient & germoient.Tout cela me confirma dans la pensée que j'aïproposée touchant la multiplication du Guy dansmon Histoire des Plantes qui naijfent aux environsde Paris.
La marche du 17. Octobre fut d’environ dou-ze heures. Nous ne passâmes ce jour*là que parde petites vallées couvertes de Chênes & de Pins.Le lendemain la décoration fut bien dirfërente,car nous marchâmes pendant neuf heures dans unpays assez plat, peu cultivé, fans bois, ni bros-sai Iles , & relevé de quelques buttes remplies desel fossile. Ce sel qui se cristallise dans les fondsoù Peau de la pluye croupit, assaisonne le suc dela terre , & lui fait produire des plantes qui ai-ment le bord de la mer, comme font les especesde Soude & de íÀmonium. J’ai remarqué la mêmechose sur la montagne de Cardonne , située íbrles frontières de Catalogne & d’Aragon , laquellen’est qu’un effroyable bloc de sel.
Le 19. Octobre nous quittâmes le pays salépour rentrer dans des vallées & des plaines cou-vertes de plusieurs sortes de Chênes. On campatour près du village de Beglaise après sept heuresde marche. La route du lendemain fut de iz.heures dans des plaines entrecoupées de buttesgarnies de bois de Chênes , qui ont les feuillessemblables aux nôtres , quoiqu’iís ne montentj guere plus haut que ceux de nos taillis. NousI passâmes ce jour-là à gué la riviere d 'Halys ou le1 Cajìlrimac des Turcs , qu’une montagne touteI opposée au grand chemin oblige de prendre sonj cours vers le Nord. Le Casilrimac n’est pas pro-! fond , mais il nous parut aussi large que la Seineà Paris, & l’on nous assura qu’il nepassoit qu’àune journée de Ceíàrée. Du haut de la montagnenous tombâmes, poùr ainsi dire, dans un horri-j blefond, & nous nous arretâmes au village deCourbaga. De là jusques à deux lieues d’Angorale prys est rude & désagréable. Nous arrivâmesdans cette célébré ville le 22. Octobre , après qua-tre heures de marche, par ulie vallée asiez-bien cul-tivée en quelques endroits.
Angora 011 Angori , comme prononcent quel-ques-uns, & que ks Turcs appellent Engour,nous réjouît plus-.qu’aucune autre ville du Levant.
Nous