LETTRES JUIVES, Lettre XL. 109
phetes, & fur ma Lumière Naturelle, quime démontre évidemment, que le Tal-mud n’est qtfun Ramas d’ímpostures, deChimères, & de Blasphèmes ? Quel estT Homme, je ne dis pas éclairé, mais leplus imbécille, qui n’ait un Mépris infinipour un Livre, qui assure que Dieu a com-mandé un Sacrifice pour expier ses Fautes?Dieu est pécheur, Dieu est sujet au Vice!II n’est donc point parfait; il est donc su-jet à tous les Malheurs de l’Humanité?Comment ose-t-il punir le Crime,lui quile commet? Je frémis, mon chér Mon-ceca, en transcrivant ces Blasphèmes; &ma Main se refuse à les coucher fur le Pa-pier. J’avois peu éxaminé ma Religionjusques ici. J’étoisi dans une Erreur cau-sée par mes Préjugés & par ma Négligence.La Dispute des Carafes a porté un Traitde Lumière à mon Ame, qui m’a fait ou-vrir lesYeuxíur les épouvantables Erreursdans les quelles j’étois plongé. Dès quej’ai apperçu la Raison du côté de nos Ad-versaires , je n’ai point cherché de Sophifmes, pour m’empêcher d’ctre éclairé : j’aiavoué de Bonne-Foi mon Egarement ; &mon Humilité m’a servi à me tirer del’Abîme où mes Confrères les Rabbinsfont restez plongés.
Tache