124 LETTRES JUIVES, LettreLXII.
même Ami. Certe Thèse te paroitra nupeu outrée. Tu douteras forrtout, s’ilest posiible, que, dans une Ville où lesFemmes paísent pour galantes, il s’y entrouve vint mille qui n’ont eu qu’unAmant. Tu m’accorderais plutôt, qu’ily a vint mille Femmes, qui n’en ont pointeu, que d’avouer qu’elles se font tenuesau premier. 11 me semble que je t’entensdire; qu’z7 saut qutme Femme soit plus sa-r,p , pour n''avoir qui un Amant , que pourlien point aviir. Quel Effort fait-elle dese passer d ’ un Plaisir qiicl/e ignore ? SaVertu n a point à combattre des Idées dan-gereuses , qui retracent dans P Esprit cer-taines Situations , 87 qui font les plus terri-bles Ennemis des Femmes qui ont aimé.
Je conviens avec toi, que mon Opi-nion a quelque chose qui surprend. Mais,quand on l’examine, elle parait plausible,à l’on ne peut guere refuser de s’y ranger.Le Caractère d’infidélité, qu’on donneaux Femmes, est principalement fondé forle Droit que les Hommes ont jtlgé à pro-pos de s’approprier de leur prés rire desRéglés íéveres, presque impossibles a ob-server, & de s’en dispenser eux-mêmes,ìîs ont cru, qu’ils étoient en Droit d’éxsi