L ET TR E X.
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LETTRE DIXIEME.
M n n’est pas à vous , Monsieur, qu’ilà faut dire que le Hollandois est libre,personne ne l’ignore , ni ne le peutmieux complimenter, qu'en lui montrant qu’ille crois. Mais en quoi consiste cette liberté ?Est-ce , comme en Angleterre, que le Peu-ple se prescrit à lui même par des Représen-tans les loix , qu’il veut suivre , & qu’il ne
paie que les impôts , auxquels il s’est libre-ment taxé ? Est-ce , comme dans d'autresEtats , que le Peuple s’assemble en Corps &a droit de n’obéir qu’aux Réglemens » qu’il aproposez , ou approuvez par ses suffrages ?Nullement. Le Gouvernement de chaque Vil-le est aristocratique , & celui de la Provinceest composé des Députez de ces Aristocraties.Encore une fois donc où est la liberté du Peu-ple en Hollande ? Qui la conserve ? Qui enrépond ? Elle consiste à ne dépendre que desloix de la Patrie. La modération & l’équitédes Magistrats & des Régens en sont les Con-servatrices. L’intérêt même de ces Chefs deI’Etat les oblige de laisser toutes choses furl’ancien pied , ou de n’y toucher qu’avec lesménagemens les plus adroits & la délicatesse laplus scrupuleuse.
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