Lettre XXV. 157
de plusieurs années, le nécessaire de fa Famil-le , les ressources pour l’avenir , l’avide Arti-san vendoit tout, sacrifioit tout, pour acheterun petit jardin, où il pût cultiver quelquestulipes, fur lesquelles il fondoit l’espérance deîa plus grande fortune. L’Homme riche de soncôté achetoit bien cher ces précieux oignons,pour les vendre encore plus cher à d’au-tres. Un oignon dans ce temps - là étoitune espèce d"Action , qui , après avoirprofité chez quelques Acheteurs , alloitperdre son prix chez le dernier, à peu prèssemblable à ce jeu , où plusieurs Personnesfont passer de main en main un papier à demiallumé, jusqu’à ce qu’il s’éteigne entre lesmains d’un des Joueurs. Cette folie si ruineuseavoit gâté nombre de François du temps deMénage, qui l’appelloit la Tulipommte , & laBruyere en a fait une description, qui ne dé-pare pas le reste de ses ingénieux Caratteres.
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LETTRE