iz6 LeHollandois
trouve par tout entre la Noblesse & la Bour-geoisie , l’amour des jeux ruineux n’est pasencore décendu de la première Classe à la se-conde » A le Bourgeois plus sage, parce qu’ilpeut moins risquer, abandonne aux Seigneursd’un haut rang le privilège de se ruiner par lePhaëron , ou de ruiner les autres. II joue ce-pendant Que feroit-on dans une Compagnie,Íí on ne jouoit pas ? On parleroit? Mais peude Gens font en état de dire des choses ca-pables d’amuser agréablement, & peu fontcapables de goûter ces choses-là. Encore unefois donc il faut jouer, & le Hollandois joue,mais à des jeux qui exercent son corps, ouson esprit, sans expoíer sa fortune.
Malheureusement la passion pour les fleursfait quelques fois aux Familles Bourgeoisesautant de tort, que le jeu leur en auroit pûfaire. C’est ce qui arriva fous le Stadthoude-rat de Frédéric Henry, & il fallut que î’Etatarrêtât ce désordre par un Placard. II n’y aque quelques années qu’on vit renaître ce goûtpernicieux, & que les oignons de fleurs furentvendus à un prix excessif. Telle coutoit sept,huit, neuf & dix mille florins, c’est à dire,neuf ou dix fois plus qu’on n’auroit donnépour le Jardinier même. Le fameux Quinquem-poìx ne causa à proportion pas plus d’agita-tion dans les esprits , ni de révolutions dansles fortunes. Le fruit de ses travaux, l’épargne