Lettre XXX. ig?
vière qui coule dans Amsterdam, fais le sujet.Qui croiroit qu’une matière st maigre pûtfournir plusieurs milliers de vers, tous dignes,je ne dis pas seulement d’amuser un Hommede bon goût, mais d’exciter son admiration?II est pourtant vrai que imagination féconde& brillante de ce Poëte, embellissant par lesfictions les plus nobles tout ce qu’elle touchoit,mit l’T en état de ne pas envier au Tylre lesPoètes,q u'il a eus. II mourut à la fleur de son âge.
Luc Jlotgans vint ensuite, & fit un Poèmeintitulé Vie de Guillaume 111, On reconnoît enlui le goût pur de l’Antiquité , une simplici-té noble , un vrai sublime » & son Poème ,toujours soutenu par cìes fictions ingénieuses& magnifiques, réveille à chaque instant l’at-tention.
Les Hoilandois ont aussi leur Hésiode , carj’ose nommer ainsi Henri Corneille Poots,simple Paisan sans étude, qui demeure auprèsde Delft. Jugez en vous même par une Odede fa façon , qu’un Homme de beaucoupd’efprit & de goût (a) a pris la peine de tra-duire,
j Que dant les orgueilleux Palais^
Habitent les Soucis á'vee P affreuse Envie !
Toi , ejui tiens mon ame affervie,
Muse , rempli mes Vers d 1 agréables sujets.
On êft par ton secours heureux k petits frais,.
L t s pláijiri innocent çff la tranquille paix
Sont Pâme de la vie ,
Ni
(á) Le même Monsieur Van Effen.