Sa récompense doit être proportionnel au bienqu’elle opère, au sacrifice qu’ il lui en coûte,aux talens personnels qui la secondent, ou siles talens personnels lui manquent, aux choixdes talens e'trangers qu’elle appelle à son secours:car ce choix, dans un homme public, renfermeen lui tous les talens.
L’homme public qui feroit tout par lui-mê-me, feroit peu de choses. L’e'loge que donneHorace à Auguste, cum tot sujiineas, teintamgotia soins-, signifie feulement que tout se fai-soit en son nom, que tout se palsoit sous sesyeux. Le don de regner avec gloire n’exigequ un talent & qu’une vertu: ils tiennent lieu detout, & rien n’y supplée: cette vertu, c’estd’aimer les hommes ; ce talent, c est de les pla-cer. Qu’un Roi veuille courageusement le bien,qu’il y emploie avec discernement les moyensles plus infaillibles; ce qu’il fait par inspirationn’en est pas moins à lui: & la gloire qui lui enrevient ne sait que remonter à la iource.
Il ne faut pas croire que les talens & les ver-tus sublimes se donnent rendez - vous, pour setrouver ensemble dans tel sie'cle & dans tel pays :on doit supposer un aimant qui les attire, unsouffle qui les développe, un^eíprit qui les a ni*