François &c. Lett. III. 17
de ses Généraux. Selon eux, le Maréchalde Berwicì ^ étoit un poltron, & Mr. d’Asfeldn’entendoit point Fart de fortifier un Camp.Malheureusement ils disoient cela devant uneNation où les Raisonneurs font en horreur ;jugez s’ils étoient écoutés avec plaisir; lesuns leur tournoient le dos , les autres leurrioient au nez.
Un petit Sous-Lieutenant se croit en droitde censurer son Capitaine , le Capitaine sonColonel, & le Colonel son Général. Sou-vent on les volt prêts à se couper la gor-ge , parce qu’ils veulent être tous égaux : té-moin l’avanture du Chevalier de Marfieux &du Marquis de Palajìron le prémier Capi-taine au Régiment de la Couronne, & l’au-tre Colonel du même Régiment. Je les aivu fur le point de se battre en présence desdeux Bataillons. Dans ce Pays-ci Mr. leChevalier auroit eu la tête coupée commeun chou. En France il eut un Régiment (a)par des intrigues de Femmes ; & ce qui au-roit dû le perdre, fit fa fortune, grâces àje ne lai quel talent. J’ai vu mille exem-ples de cette nature, lorsque j’étois en Fran-ce. Messieurs les Officiers , voulez-vous quevos Soldats vous obéissent? obéïssez-vousmêmes à ceux qui vous commandent.
Louis XIV. savoit combien l’exempleest nécessaire pour maintenir le bon ordre
B &
(a) Celui des Vaisseaux,