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Lettres sur les
& la discipline dans les Armées ; auffi étoít-il le premier à le donner. Un jour s’étantrendu (a) à son Armée de Flandres , com-mandée par le Prince de Conde', il écri-vit à M o n s i e u r de l’y venir joindre. CePrince s’en excusa, sur ce qu’il ne lui con-venoit pas de paroître dans une Armée dontun autre avoit le Commandement. Le Roitrouva cette raison ridicule : il fit tant, qu’en-fin il engagea son Frère à venir. Dès-qu’ilfut arrivé , le Roi chercha f occasion de luifaire sentir ce que son refus avoit de défec-tueux ; elle se présenta bientôt. L’Arméevint camper dans un endroit où il n’y a-voit qu’une maison. Le Roi ordonna ex-pressément qu’on la gardât pour le Prince deConde. Le Prince, qui savoit que cethonneur ne lui étoit pas dû où étoit le Roi,s’en défendit fortement. Ce Monarque ter-mina la contestation, en disant au Princede Conde , qu’i/ rìétoit que Volontaire dansson Armée , qu’il ne souffriroit pas que son Gé-néral campât dans la Plaine , pendant qu’il seroitdans me Maison. 11 est sûr que si les Règle-mens de Louis XIV. étoient observésdans les Troupes de France , il n’y en au-roit guères de mieux disciplinées ; mais Dieufait si l’on y lait attention.
Qui peut nier que le peu d’applicationque les Officiers François ont pour leur Mé-tier ,
(a) En 167s,