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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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François &c. Lett. III.

ne pas souhaiter celle qui fait le plus dhon-neur ? Ceci me fait souvenir dune belleSentence dun Ancien, vous me la passerez,sil vous plaît.

11 ny a personne, dit-il, (a) qui ne sa-che quil lui faudra un jour mourir : cepen-dant , loríque íè moment approche , on tâ-che de lesquiver , on tremble , on se déses-père. Ne regarderiez-vous pas comme leplus extravagant des hommes, celui qui sedésolerait de navoir pas vécu mille ans au-paravant ? Celui- ne lest pas moins, qui leplaint de ne pouvoir pas vivre mille ans au-delà de ce quil a déjà vécu. Ces deux chosesfont égales. La raison en est, que nous na-vons pas pu exister plutôt, & que nous nesaurions exister plus tard que lheure prescritepar le Destin. A Dieu ne plaise que je plai-gne jamais ceux de mes proches qui aurontperdu la vie les armes à la main pour le Ser-vice de leur Prince & de leur Patrie ! cettemort est trop honorable pour ne pas senréjouir.

Allons,

(a') Nemo tam ìmperìtus est , ut méfiât fibiquandoque moriendum : tamm , curn prose accesserit , tcrgiversatur , tremit, plorat. Nonne tìbividebiter flultijjìmus omnium qui fleverit , quodante mille annos non vixerat ; <zque flultus est,quod pofi mille annos non vivet. H&c paria funt :non eris, nonfuifii. Sen. Epist. 77.