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François &c. Lett. III.
ne pas souhaiter celle qui fait le plus d’hon-neur ? Ceci me fait souvenir d’une belleSentence d’un Ancien, vous me la passerez,s’il vous plaît.
11 n’y a personne, dit-il, (a) qui ne sa-che qu’il lui faudra un jour mourir : cepen-dant , loríque íè moment approche , on tâ-che de l’esquiver , on tremble , on se déses-père. Ne regarderiez-vous pas comme leplus extravagant des hommes, celui qui sedésolerait de n’avoir pas vécu mille ans au-paravant ? Celui-là ne l’est pas moins, qui leplaint de ne pouvoir pas vivre mille ans au-delà de ce qu’il a déjà vécu. Ces deux chosesfont égales. La raison en est, que nous n’a-vons pas pu exister plutôt, & que nous nesaurions exister plus tard que l’heure prescritepar le Destin. A Dieu ne plaise que je plai-gne jamais ceux de mes proches qui aurontperdu la vie les armes à la main pour le Ser-vice de leur Prince & de leur Patrie ! cettemort est trop honorable pour ne pas s’enréjouir.
Allons,
(a') Nemo tam ìmperìtus est , ut méfiât fibiquandoque moriendum : tamm , curn prose accesserit , tcrgiversatur , tremit, plorat. Nonne tìbividebiter flultijjìmus omnium qui fleverit , quodante mille annos non vixerat ; <zque flultus est,quod pofi mille annos non vivet. H&c paria funt :non eris, nonfuifii. Sen. Epist. 77.