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Lettres sur les
Allons, mon Cher (a) , puisque nous som-mes tous obligés de mourir , cherchons du moinsà mourir glorieusement. C’est ainsi qu’en par-loit un célèbre Orateur, qui dans la spé-culation étoit Phomme le plus intrépide deson siècle, & le plus lâche ( b ) dans lapratique. II y en a bien de qui l'onpourroit en dire autant ; peut-être íuis-jedu nombre , cela se peut fort bien. IIest pourtant sûr que si quelqu’un venoitme consulter sur le genre de mort qu’ildoit choisir , je lui conseillerois celui quifait le plus d’honneur, qui est le plus su-bit & le plus imprévu ; mais je ne vou-drois pas jurer que je fusse d’abord prêt àlui en donner l’exemple. Cela n’empêche
pas
(a) Mors habet necejfitatem fati : fi ante oppe-tenda est, oppetatur cum glorìd. Cic. Philip, iz.
(b) Cicéron témoigna avoir peu de cœur dansl’ affaire qu’il eût avec Clodius , Tribun du Peu-ple. Ses Cliens & ses Amis , au nombre deprès de vingt mille , lui offrirent plusieurs foisde chasser le Tribun & ses Suppôts hors de Rome;mais l’Orateur le refusa par timidité, & aimamieux se laisser bannir. Une autre fois, plai-dant pour Mìlon , qui avoit tué Clodius , ilfut si effrayé du bruit que faisoient les Soldatsqui environnoient la Tribune , que fa mémoireen fut toute troublée, de forte qu’il ne put ache-ver son Plaidoyé ; ce qui nuisit beaucoup aux af-faires de l’accufé.