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Lettres sur les
aux cheveux, & manger la soupe miton-née. Adieu.
LETTRE IV.
Ou s avez raison, mon Cher, de dire,
▼ que s’il y a peu de Thémistocles parmiles Officiers François , on trouveroit encore plusdifficilement des Euripiades parmi les Géné-raux. II est sûr que l’emportement du Gé-néralissime Grec , ou plutôt sa brutalité, n’estpas à craindre de la part d’un Général Fran-çois : ces Messieurs font trop polis pour s’ou-blier jusqu’à ce point ; & en vous rappor-tant ce trait d’Histoire , je n’ai eu d’autre des-sein que de vous faire entendre, que , si con-tre toute apparence un Général François s’a-visoit de faire l’ Euripiade contre le moindresubalterne de l’Armée, il courrait grand ris-que de ne pas trouver un Thémijìocle. J’aivoulu par-là vous donner une idée de f indo-cilité Françoise , en supposant un cas qui n’ar-rivera peut-être jamais, mais qui pourtantpeut arriver. Je ne prétens pas approuverfaction d 'Enripiade; ,- mais je crois qu’on nesauroit trop louer la réponse de Thémijìocle.Un Général ne doit jamais brutaliser per-sonne , encore moins les Officiers : mais s’ille fait, ce n’est point aux Officiers à y trou-ver à redire : ils doivent souffrir sa mauvaise hu-meur, & lui obéir sans répliqué. Je ne trouve
rien