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François &c. Lett. IV.
rien dé si beau que la manière dont Mr.de Turenne s’y prit pour íè venger du Ma-réchal de la Fer té , qui avoit fort maltraitéun de ses Domestiques à coups de canne :il le lui renvoya, en le priant de le battreencore davantage , s’il croyoit ne savoir pasallez châtié. On dit que qui bat le Domejii-que , bat le Maître. Sur ce pied-là il sembleque Mr. de Turenne ne fut pas assez sensible àsinsulte de la Fertè : mais ce grand hommevoulut donner un exemple de modération& de prudence à une Nation qui íè pique sipeu d’en avoir. Mr. de Turenne étoit égalen autorité au Maréchal de la Fertè , & il au-roit pu se battre contre lui sans blesser la sub-ordination ; mais il étoit trop sage pour ce-la. Si ce Domestique avoit appartenu à unpetit Capitaine d’Infanterie, la Fertè auroitcouru risque d’ètre assassiné , s’il eût refuséde donner satisfaction au Maître.
J’ai cent fois ouï dire à un Officier deconsidération de ce Pays-cy , qu’il tenoitpour maxime de discipline, que les Officiersne doivent jamais parler aux Soldats fansnécessité , ou du moins qu’ils doivent éviterd’avoir aucune espèce de familiarité avec eutf,pour ne pas leur donner occasion de s’écar-ter du respect.
St jamais Officiers orít eu sujet d’être biensur leurs gardes pour prevenir ces fortes d’a-bus, ce font les nôtres , qui n’ignorent pasC ; ap-