François &c. Lett. IV. 45-
du Marquis de la Fourbadière (b). Si on lesen croît, ils ont tué plus d’Ennemis dansune feule campagne , que les soldats deMar'rn ne tuèrent de Ombres & de Tenions.
Í e voudrois, mon Cher, que vous pussiezes entendre au retour d’une Campagne, ily a dequoi se divertir.
Les François se sont moqué , dans plu-sieurs Livres, des Officiers & des SoldatsEspagnols , qui, revenant des Pays-Bas , en Es-pagne , prétendoient, chacun en particulier ,avoir sauvé, les uns Gand , les autres Bruxelles ,& ainsi du reste : mais je fuis fort trompé,si les EJpagnols ne font pas fondés à rétor-quer contr’eux.
Ce qu’il y a de plus ridicule de la part dcMessieurs les Officiers François , c’est que danstous ces beaux contes bleus , ils affeélentun grand mépris pour les Ennemis aveequi ils ont eu affaire, & devant lesquels ilsont pourtant tremblé plus d’une fois. Com-me la plupart ne font jamais sortis de chezeux , & qu’ils n’ont jamais vu d’autres
Troupes que les leurs, ils s’imaginent que
celles
(b) Personnage ridicule dans une ComédieItalienne intitulée, La Précaution inutile. C’estun Gentilhomme Normand , qui raconte qu’é-tant au Siège de Mons, les Ennemis firent jouerun fourneau , qui le jetta fur un fumier à troisirts de lieues de la Place. Théâtre Italien de
lerardi.