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la base de la subordination. Cet air badin.folâtre & polisson, peut tout au plus con-venir au Grivois.
Rien n’est fì drolle que de voir en Francedes Goujats censurer dans des Chansons laconduite des plus habiles Généraux. J’en aientendu une fur le compte du Maréchal deLuxembourg , qui n’étoit pas des plus respec-tueuses. Ce qu’il y a détonnant, c’est queje l’ai entendue de la bouche de plusieursSoldats, qui la chantoient publiquement enprésence de divers Officiers , fans qu’aucuncfeux se mît en devoir de leur imposer si-lence , & de leur apprendre à respecter lamémoire d’un si grand homme.
II n’y a que le François qui soit capablede pareilles extravagances.
Un bon Couplet , chez ce Peuple falot ,
De tout mérite ejl Vinfaillible lot. (a)
On a de la peine à excuser nos Offi-ciers fur un autre point ; je veux dire furcette haute opinion qu’ils ont d’eux-mêmes,& fur leurs fanfaronnades. Rien n’est siordinaire que de les entendre vanter leursexploits avec si peu de modestie & de re-tenue, qu’on les prendroit volontiers pourdes Bateleurs. Ils vous font des contes àdormir debout, & à peu près dans le goût
(a) Voltaire, Epître à Aíadame du Castelet.