François &c. Lett. V. 57
J’aurois encore bien des réflexions à fairefur ce sujet, mais on m’apelle pour dîner ,& mon estomac n’est gueres disposé à senourrir de réflexions. Je vous embrassede toute mon ame, & fuis.
A.ce.Août 1738.
LETTRE V.
Impartialité de f Auteur.
Y Ous voyez , mon Cher , par tout ceque je viens de vous dire , & par ceque je vous dirai encore dans la fuite, desdéfauts de ma Nation , que la prévention neme domine nullement. La V érité est Tu-nique chose pour laquelle je prens parti, jela recherche dans les moindres bagatelles.Quand j’entens raisonner un Etranger sur lecompte de ma Nation, je l’écoute tranquille-ment , & je tâche de distinguer ce que sa pas-sion lui fait dire de faux , d’avec ce qu’ellepeut lui faire dire de vrai : car vous avez beaudire , il se mêle toujours un peu de jalousiedans la plupart des choses que vous nous re-prochez. Souvenez-vous de ce que dit unhabile homme (a) au sujet de Pierre leGrand. Il lui manquait encore de voir cePeuple ( Les François ) qui depuis plus de centans ejì envié , censuré b imité de tous ses Voi-sins. Ce seroit travailler sur de mauvais Mé-D 5 moires
. (a) Voltaire Histoire de Charles XII.