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Lettres sur les
Cauiines (a) : & en faisant réflexion sur lesort de leurs Vainqueurs, songez que la Racedes François n’a pas été éteinte par la perte detant de Troupes, que vous faites sonner sihaut, quoique peut-être avec moins de rai-son que les Samnites.
Venons à cette heure à la Bataille de Tu-rin, où vous prétendez que les François nemontrèrent pas assez de courage. II fautvous prouver le contraire. Vous savez queMr. le Duc d’O rleans, de Marfm & dela Feuillade , conunandoient l’Armée Fran-çoise , qui, par parenthèse, étoit très-mal cam-pée pour un combat; les quartiers étant si
éloignés
(a) Ce fut l’an 452. de la Fondation de Rome,que les Troupes de cette République reçurent unaffront des plus sensibles. La chose arriva entreCapoue & Bénévent. Pantins, Général des Samni-tes, eut l’adreíse d’attirer les Romains dans un dé-filé étroit appellé les Fourches Caudines, à causeque c’étoit le chemin ordinaire qui conduisoit àCaudìum , qui n'eff qu’un Village aujourd’huinommé Arpaia. Les Samnites y enfermèrent lesRomains, & les réduisirent au point de demandermiséricorde. Ils furent de plus obligés de paíferfous le joug, (cérémonie ignominieuse dans cetems-là) &. d’abandonner à leurs Vainqueurs leursarmes, leur bagage, & leurs tuniques; desorteque les Soldats Romains s’en retournèrent à Romeen chemise. Cela n’empêcha pourtant pas quedans la fuite les Samnites ne tombassent fous lejoug des Romains.