François &c. Lett. VII. 103
Généraux , furent emportés si avant par cenoble feu, naturel à la Nation, que dans uninstant il y en eut cent quatre-vingt quator-ze de couchés par terre. C’est-là un fait quetous les Hollandois peuvent attester.
Après cela venez encore me corner auxoreilles que les François ne font pas auffibraves, que les AUemans. Je mets en fait,que si nos Soldats étoient auffi bien disci-plinés que les vôtres, & qu’ils fussent ménéspar d’habiles gens qui les fissent combattred’une manière conforme au génie de laNation, trente-mille François sont en étatde mettre en fuite soixante-mille Allemans.Prenez garde à ceci, mon Cher ; je sup-pose égalité de discipline , égalité d’applica-tion & de subordination chez les Officiersdes deux Nations, égalité d’armes, égalitéde capacité dans les Généraux ; & je sup-pose encore , comme un point essentiel,qu’on fera combattre le François selon songénie : qu’après cela, Dieu laisse agir lesCauses Secondes, & si ce que je prédisn’arrive pas, je veux perdre la tête.
Le François est trop vif, trop impatient,pour qu’on puisse tirer parti de lui dans uncombat où Von ne fera que s’arquebufer deloin. Mais qu’on lui fasse mettre la bayo-nette au bout du fusil, & qu’on le meneà l’Ennemi , s’il ne culbute pas tout cequis’offrira à lui, dites que je ne m’y con-G 4 nois