François & c. Lett. VII. 107
tare ; car, sans cela, je ne vois pas com-ment vous pourrez conserver vos vénérablesbedaines, contre des gens qui vous vien-dront plonger la bayonnette dans le corps.Je fuis curieux de savoir ce que deviendrontalors vos Tirailleurs , ils prendront appa-remment la fuite ; car ces gens-là, qui fontmerveilles de loin, mollissent dès-qivon lesjoint ; tous leurs feux d’artifice ne íauroienttenir contre le feu naturel des François. Ceux-ci n’ont à craindre que quelques décharges,qui, au pis aller, ne feront de mal qu’auxprémiers rangs ; mais dès-qu’une fois ils vousauront atteints, voilà votre poudre inutile,vous ferez enfoncés, culbutés, & mis en piè-ces. Ce n’est point-là un être de raison,c’est un fait constant, démontré par mille ex-périences.
II n’est pas moins certain que íì les Françoisfont commandés par un Général timide &mou , qui s’amufe à tirailler , je ne veux quevingt-mille Prussiens (a) pour en battre cin-
quante-
(a) II y a apparence que Mr. le Chevalier deFoìard n’a jamais vu exercer ces Troupes là,quand il a dit que les Hollandais croient les plushabiles à tirer , & que leur feu étoit le plus vifà cause de l’exercice continuel qu’ils font de ti-rer par pellottons , par divisions. On peutassurer , fans exagération , que quinze millePrussiens tireront plus de coups de fusils dans