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François &c. Lett. VIII. 129
dans leur ignorance : je les y laisse de toutmon cœur ; si vous ne ni’étiez aussi cherque vous l’êtes, je doute que je me fussejamais expliqué fur ce sujet.
Suis-je en effet le Millionnaire gagé del’honneur de ma Nation , & dois-je l’allerprêcher à nos Voisins, presque tous héré-tiques à cet égard ? Car si Ton dit que leFrançois veut tout le mérite pour lui ; & n'enlaisse point aux autres, on peut bien direque ses Voisins le veulent tout pour eux ,& ne lui en cèdent pas un demi-pouce.Mettez-moi un Anglais & un Allemand en-semble, vous les verrez bientôt aux prises,pour soutenir la préexcellence de leur Na-tion. Nous sommes les Maîtres de la Mer ,dira VAnglois ; & nom les Maîtres de la Terre ,dira Y Allemand. Qu’un François survienne là-dessus ; je veux bien qu’on me berne , siVAnglois & VAllemand ne cessent de disputerl’un contre Tautre pour attaquer le François.
C’est sans contredit un grand défaut à maNation de préférer ses mœurs, lès usages,ses modes à ceux de ses Voisins : mais c’estune injustice de la part de ceux-ci, de ne re-garder dans le François que ce qu’il a demauvais, & de ne vouloir pas convenir dece qu’il a de bon. Je connois ici des gensqui ont si peur qu’on ne pense que les Fran-çois ont battu les Ailemans , qu’ils vont jul-qu’à nier les faits les plus connus. 11 y
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