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Î ue de têtes de Harcmgs pour couler les Vaisseaux’rançois à fond. Cela vous paraîtra plat,mon Cher ; mais comment répondre autre-ment ? On a affaire à gens qui ignorent ab-solument tout ce qui ne se passe pas autourd’eux, & qui pourtant croient tout savoir,raisonnent en maîtres , battent celui-ci,donnent la victoire à celui-là, & font pren-dre les Villes , non pas avec le bout dudoigt, comme le P. Joseph (a), mais avecun coup de langue en faveur de qui bon leursemble. Que faire avec ces gens-là, sinonles laisser dire , leur applaudir tout haut,& rire tout bas de leur fatuité ? Car de s’al-ler rompre la tête pour les ramener dansle chemin du bon-sens, c’eít en vérité bat-tre l’eau avec un bâton. Ces gens-là ne veu-lent point entendre raison, & se plaisent
dans
(a) Le P. sfoseph du Tremblai Capucin favoridu Cardinal de Richelieu, & nommé lui-mêmeau Cardinalat, se trouvant un jour chez le Roi,comme on y examinoit le Plan d’une Place quele Duc de Weimar devoit assiéger , s’avifa dedonner des avis à ce grand Capitaine , en luimontrant avec le doigt le poste qu’il devoit oc-cuper , l’éndroit par où il devoit ouvrir l’atta-que &c. A la fin le Duc de JVeimar, choquéque ce Moine lui osât prescrire des règles fur cet-te matière, lui répliqua, en lui arrachant le Plandes mains : Tout cela feroit bon , Aíon Père, sl'on prenoit les Filles avec le bout du doigt.