François &c. Lett. X. 141
croyez pas que ce soit en François que jeparle de la forte: non, mon cher Ami,.jevous jure que c’est purement l'amour de laJustice & de la Vérité ; & vous pouvez biencroire qu’un homme, qui a pu discerner lesdéfauts de fa Nation, & qui a eu le couragede les lui reprocher, n’ira pas avancer unparadoxe en la faveur.
La Probité, la Bonne-foi, & la Candeur,font des Vertus naturelles aux François. Cen’est pas à nos Voiiins à nous reprocher quenous saisons des offres de service purement par ha-bitude ss sans avoir envie d’en venir aux effets.Inexpérience prouve assez le contraire.; &en général il y a peu d’Etrangers qui n’ayentéprouvé combien le François est porté à ren-dre service. II n’y a point de trait dans lavie civile qui marque tant un bon esprit,& l’honnête-homme intérieur , que la ma-nière dont il .en use avec les Etrangers, sur-tout ceux qui sont d'un génie fort éloignédu lien. Sur ce principe incontestable, n’ai-jepas lieu de conclure en faveur du François ?J’en atteste les Etrangers mêmes qui ontVoyagé en France. > S’ils sont de bonne-foi , ils avoueront que notre attentionà ne rien laire qui puisse les choquer estextraordinaire , que nous nous prêtons àleurs manières & à leurs humeurs. S’ilsfont des fautes contre notre Langue, nousn’allons pas leur rire au nez, comme l’onm’a fait ici au commencement, toutes les
fois