François &c. Lett. XI.
prendre parfaitement tout ce qui se disoitdans un discours récité, fur-tout quand ily avoit beaucoup de sousententes , commec’est l’ordinaire chez Mrs. les Auteurs Latins :car le plus souvent on avoit oublié la pré-mière partie d’une période, avant qu’on eûtprononcé le mot qui en déterminent le sens ;& la rapidité de l’Orateur, ou du Récita-teur, ne laissoit pas à l’Auditeur le tems dechercher ce qui étoit sousentendu. Je sup-pose un ancien Romain qui sache parfaite-ment sa Langue, j’en suppose un autre quila sache de même ; que l’un des deux réciteà présent à l’autre un Livre entier des Anna-les de Tacite , je fuis fort trompé s’il en en-tend la quatrième partie. Le Cardinal deTohgnac possède aujourd’hui la Langue Latine,aussi-bien qu’aucun Bourgeois qui fût né àRome fous le Règne d’AuGUSTE : mais jesuppose que ce Prélat n’ait jamais étudiéTúrence , & qu’il assiste à une représentationd’une Comédie de ce Poète ; je parie qu’iln’en comprendra pas la dixième partie, parla raison que je viens de donner. Maintenant,pour détruire la force de mes conjectures,il fau droit supposer que l’arrangement diversdes phrases , les sousententes &c. étoientconsacrés à certaines périodes , de façonqu’ils étoient connus des Savans & des Igno-rans : mais on fait bien que cela dépendoitde la fantaisie des Auteurs, & que les PoètesL 3 fur-