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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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168 Lettres sur les

la plus belle des Langues : & c’est moinsle nombre prodigieux de mots qu’elle con-tient que Ton vante en elle, que la facultéqu’elle a de les multiplier à lïnfini, fansqu’elle ait besoin d’en introduire de nouveaux;car je n’appelle pas de ce nom, ceux quitirent leur ethnologie d’autres qui font déjàen usage.

La Langue Latine n’a point cet avantage ;& si elle veut des mots composés, il fautla plupart du teins qu’elles les emprunte duGrec . Au reste si la Langue Françoise n’eitpas aussi riche en mots qu’elle pourroit l’être,il n’en faut accuser que les François- mêmes :c’eít eux qui ont banni quantité de motssubstantifs pour y substituer des périphrases,fous prétexte que ces mots étoient vieux.C’est la manie des François des - qu’un motcesse d’être un peu en vogue , ils le bannis-sent sans miséricorde. Les expressions cheznous ont leur période, à-peu-près commeles façons de manches : on ne seroit pasmoins ridicule de se servir d’un mot préten-du vieux , que de porter un habit commeon les portoit du teins d’H enri IV. Nosexpreslions éprouvent de fréquentes disgrâ-ces ; les François les traitent comme on trai-te les Soldats ; dès-qu’ils ont fait leur tems,on les met hors des Régimens, & on enenvoie quelques-uns à l’Hótel des Inva-lides , les autres font diípersés je ne lai