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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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François &c. Lett. XI. 167

On convient assez chez nos Voisins, quela Langue Françoise est une belle Langue;mais on lui reproche fa pauvreté. Voicice que répond à cela un de nos Grammai-riens. Un Royaume , dit - il , qui rfauroitque de For & de F argent four son usage , sansautre métail , en seroit - il fias fauvre ? Et fila Langue Françoise n'a que dé bons V de beauxmots , en ejl- elle moins riche ? Cet Auteur araison après tout : ce n’est point la quantitédes mots qui fait la richesse d’une Langue, :c’est la beauté & la majesté de ces mots. ; -L’abondance de mots dans une Langue ne sertqu’à la rendre plus difficile & plus embarras-sante à ceux qui veulent l’apprendre. Toutce qui peut plaire dans les Langues qui abon-dent en mots, c’est qu’elles peuvent varierleurs expressions à Pinfini. Je me soucie biende cette variété moi , si je n’entens ni cequ’on me dit, ni ce que je lis. C’est juste-ment-là ce qui arrive dans ces Langues si ri-ches en paroles , où un siècle ne suffit paspour en connoître & en retenir la moitié.

L’abondance de la Langue Grecque , sivantée par les Savans, seroit à mon avis undéfaut, si elle consistoit en un grand nom-bre de mots qui n’eussent aucun rapportentre eux : mais comme ils font la plupartcomposés, & que dès-qu’on en connoit lesracines, on fait à-peu-près leur signification,la Langue Grecque demeure fans contredit

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