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Lettres sur les
parce qu’il n’en a point entrepris qu’iln’ait été auparavant sûr du succès. II asouvent visité les Tranchées ; & ceux quivous ont dit qu’il ne le faisoit qu’aprèsavoir fait avertir le Gouverneur de ne pointtirer, fur peine de ne recevoir point dequartier , vous ont dit une bourde, unesottise, qui ne mérite pas de réponse. IIn’a jamais perdu de Bataille, parce qu’iln’en a jamais livré : mais ce n’elì pas unepetite gloire à lui, d’avoir si bien pris sesmesures qu’il n’ait jamais été obligé decombattre malgré lui. Je crois vous sa-voir déjà dit, c’est un reproche mal fondéque vous faites aux français , de se rendreinabordables par leurs précautions , ou,pour me servir de vos termes, de fenterrerdans des trous comfie les Taupes. Outre quece n’est point-là le génie de 1a Nation,comme je vous l’ai déjà fait voir, il estcertain qu’un Général ne sauroit trop pren-dre de précautions pour s’empêcher d’êtrebattu. La plus ancienne Maxime de laGuerre n’est pas de vaincre l’Ennemi, maisd’éviter d’être vaincu. In armorum ratione ,dit Q.U INT1LIEN ( sl ) , antiquior cavendi ,e\uàm iBum ìnferendì cura est. Je m’étonnequ’un homme de guerre tel que vous êtes,mon Cher, condamne, fans dire pour-quoi
( a ) Lib. IV. Institut . Cap.
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