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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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François &c. Lett. XII. 191

Lèze-Majesté ; encore lui auroit-il pardon- , pour peu que sa Famille len eût sollici- ; mais le Chevalier sétant depuis longtemsbrouillé avec ses parens, & perdu cfhon-neur & de réputation, personne ne sinterés-sa pour lui. La conduite que ce Monar-que a tenue à légard de ceux qui lavoientoffensé personnellement, fait bien voir quilavoit le- cœur excellent. Le Comte deLauzun entra un jour dans fa chambre avecun air furieux. Mr. Le Tellier étoit seulavec le Roi dans ce moment-. Lauzun«'approcha du Monarque, & osa lui dire,en ferrant le poing , quil ne le serviroit ja-mais. Louis avoit alors une canne à lamain, il la jetta brusquement par la fenê-tre, en disant à Le Tellier : Ah que je J'eroisfâché , fi javois frappé un Gentilhomme ( a j'fJe connois un Prince en Allemagne qui nyauroit pas tant cherché de façon ; & fi Mr.le Comte de Lauzun avoit eu affaire à lui,son pauvre nez en auroit bien payé la fol-le enchère.

On rend cette justice à Louis XIV,quil na jamais dit dinjure à personne. IIavoit dans toutes ses manières ce je ne laiquoi qui gagne les cœurs, auífi n'a-t-onjamais vu plus dardeur quen avoit la No-blesse de son Royaume à se sacrifier pour sonservice. 11 se plaîsoit à donner, & accom-pagnoit íès dons de tant dagrément, quonauroit bien pu dire de lui, Dïli-

( a ) Mémoire de lAbbé de Choisy.