Buch 
Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
Entstehung
JPEG-Download
 

192 Lettres sur les

Diligeris populo non propter munera Cœsar ,

Propter te populu* munera , Cœsar, amat.

Je sai bien que vous lui reprochez da-voir contracté des dettes, quil na pu acqui-ter. Mais, dites-moi, lequel estimez-vousle plus, ou un Roi qui sendette à forcede donner, ou un Roi qui senrichit à for-ce damaster ?

Louis XIV a voulu abolir la ReligionProtestante dans ses Etats, voici un nouveausujet de reproche : mais cela empêche-t-ilquil nait été bon Prince ? Titus na-t-ilpas détruit le Temple de Jérusalem, & ex-terminé la Nation Juive ? en a-t-il moinsété les délices du Peuple? Tr ai an, leplus clément de tous les Princes, na-t-ilpas persécuté les Chrétiens ? Que penser detout cela ? linon que la Raison dËtat excu-se les procédés violens dun Prince, lors-que ce Prince est reconnu dailleurs pourdébonnaire. 11 est de lintérêt dun grandRoyaume, tel que celui de France , de nêtrepas divisé par la Religion ; lexpérience a faitvoir que cest une source éternelle de que-relles , dont la lin est la ruine de lEtat. IIna tenu quà P H il i p p e II, Roi & Espagne, defaire démembrer la Monarchie trançoise dans letems de la Ligue. Henri IV nignoroit pascela; il savoit quil ne devoit sa Couronne quàla trop grande avidité de 1EJpagnol, qui pour

vou-