François &c. Lett. XII. 193
vouloir tout avoir n’avoit rien eu du tout.II n’ignoroit pas non-plus que la Politiquede Philippe avoit toujours été d’animerles deux Sectes l’une contre l’autre. Si leRoi paroissoít zélé Catholique , il excítoit lesProtejlans contre lui par la crainte d’être op-primés , & leur fournissoit même des se-cours d’argent. Si le Roi laissoit les Pro-tejlans en repos il excitoit les Catholiques con-tre lui comme contre un Fauteur d’Héré-tiques ; les Moines prenoient les armes,assassinoient le Roi, & jettoient le Royau-me dans une confusion dont le Boute-íèutâchoit de profiter. Voilà des raisons quipeuvent justifier Louis XIV. devant lesHommes.
Henri IV, comme bon Protejìant , au-roit bien voulu qu'il 11’y eût point eu deCatholiques en France mais il sentit bien quece Parti étant le plus fort, il falìoit dissimu-ler. Peut-être qu’ayant fait la démarche d’al-ler à la Messe, il ne se seroit pas épargnépour y attirer tous ses Sujets Protejlans , s’iln’avoit craint de rallumer les troubles qu’ilvenoit de terminer par son abjuration. Deuxraisons , qui me paraissent d’un grand poids,dévoient faire souhaiter à Henri que lesProtejlans suivissent son exemple. La pré-mière : c’est que ce Monarque savoit trèsbien, que tant que les deux Religions sub-sisteraient dans ion Royaume , ses Enne-N mis