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Lettres sur les
berté de ses Voisins, & qu’il croyoit que sesSujets Protestons y seroient un obstacle, iln’avoit qu’à les chasser, & voilà qui étoitfini, fans violenter leurs consciences : carle Roi étoit bien le maître de les mettre de-hors , mais non pas de leur faire croire toutce qu’il vouloit.
D’abord , mon Cher, on prit le parti dela douceur pour les amener au but qu’on s’é-toit proposé. On gagna les Grands à forcede bienfaits ; on destina des sommes considé-rables pour ceux d’entre le Peuple qui se lais-seroient éblouir par l’espoir d’une meilleurefortune ; on permit à ceux qui résistoient àces amorces, de sortir du Royaume ; on révo-qua dans la fuite cette permission, à cause dudommage qu’on sentit dès-lors que cela ap-porterait à l’Etat. Après avoir inutilementemployé tous ces moyens fur ce qui retìoit deHuguenots , on crut qu’il falloit les intimiderpour achever de les réduire. On donna desEdits qui condamnoient k des peines corpo-relles ceux qui résilieraient de taire la révé-rence aux Images , de manger du poisson leCarême, de prier Dieu en Latin &c. On enemprisonna plusieurs, quelques-uns furentpendus, d’autres envoyés aux Galères pourfaire peur au plus grand nombre. La Grâce,efficace des Jésuites (je veux dire les Let-tres de cachet ) ne fut pas épargnée ; & lesMissionnaires de notre Mère bte. Eglise, Mrs
les