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François Sec. Lett. XII.
les Dragons, achevèrent de faire ce que laGrâce efficace des Jésuites n’avoit pu opérer.Ces Missionnaires commirent, il est vrai,des excès contre ces pauvres gens qui fonthorreur : mais Louis n’en fut jamais lien ;ou s’il le fut, il en gémit, & fut fâché dene pouvoir établir son Despotisme que parla ruine d’un si grand nombre de ses Su-jets. II est certain que dans Tétât où étoientles affaires de Religion en France , il falloitopter entre les Proteflans & les Catholiques ,& exterminer les uns ou les autres poursauver le Royaume. II y avoit infinimentplus de danger à fe déclarer contre les Ci*«tholìques , que contre les Proteflans. Les pre-miers dominoient, & les autres étoient af-íòiblis de telle forte , qu’il n’y avoit pas àbeaucoup près autant de risque à les atta-quer. Mais , me direz-vous , la Hollande& VAngleterre en font - elles moins paisibles& moins florissantes, en tolérant toutes lesReligions ? Je répons que íì la Hollande esttranquille , c’est parce qu’il n’y a pas unnombre suffisant de Catholiques pour y cau-ser aucune révolution ; & que fl Y Angleterregoûte aujourd’hui les douceurs de la Paix,c’est parce qu’on en a chassé les Papifles enpartie , & que ceux qui y sont encore ,n’ont ni le crédit ni les moyens de trou-bler le repos public. J’ai remarqué quetous les Sectaires se supportent assez bienN 4 les