François &c. Lett. XII. 20s
rétiques? En vérité, mon Cher, cela n’estpas tout-à-fait équitable ; & les Protestant nepeuvent condamner ce Prince , qu'ils ne secondamnent eux-mêmes.
Mais, me dira-t-on, Servet étoit un Im-pie , un Blasphémateur , qui nioit la Divini-té de Jesus-Christ. D’accord ; mais pourcela falloit-il le faire brûler ? J’ose ici m’appli-quer ce qu’un de nos Savans (a) a dit de lui.Quoique je fois Protestant & bon Protestant, „je puis assurer que je ne fuis point l’a- „veugle admirateur de tout ce qui s’est „fait dans la déformation. J’ai une aversion „infinie pour f Oppression, pour tout ce „qui a l’air d’Inquisition, & un grand respect „pour l’Ordre. „ Ainsi je ne faurois penserau supplice de Servet, sans que mon esprit ne serévolte contre ceux qui en furent les auteurs.
Mais, dira-t-on encore : II étoit à crain-dre que Servet ne pervertît la plupart de nosCitoyens, comme il avoit déja fait de Boi-sée , de Gentìlù, àé Aidât ; & de plusiers autres.On n’avoit qu’à le chasser, ou à l’enfermerpour toute fa vie, & voilà la crainte le-vée. Vous vouliez venger la Divinité dçJésus - Christ que ce misérable nioit:Hé bien Louis XIV. a voulu venger laTransubstantiation , que vous refu-sez
(a) Mr. de Beausobre Lettre d Mr. de la Mot-te V. la Biblioth. Raisome'e, Tom. 7. de P Année
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