François &c. Lett. XIII. 221
l’on prétend le prouver par quelques endroitsde fa Tragédie de Brutus. Mais en vérité onn’y fait pas attention. Ne diroit-on pas queVoltaire a dû dépeindre Bru t m comme un vi-te L L i u s (a)? Est-il poíïìble qu’on faífe uncrime à cet Auteur d’avoir bien attrapé le ca-ractère d’un Personnage fí fameux dans í’Hi-stoire, pour avoir rétabli la Liberté oppri-mée par Tarquin? Ce qu’on peut as-surer de vrai, c’est que Voltaire eít ennemide la Tirannie ; & je crois qu’il détesteraittous les Rois, st tous les Rois étoient desTirans. Mais comme il y en a de justes,il n’a garde de les confondre avec ceux quine le font pas. Du même pinceau dont ila dépeint l’orgueil & la cruauté de Tar-quin , il a relevé par des traits immor-tels la clémence & l’humilité d’HENRi leGrand.
Le Fils de St. Louis , parjure en ses fermens ,
Vient-il de nos Autels briser les fondemens ?
Au pied de ces Autels il demande à s'injìruire ;
Il aime, il fuit les Loix dont vous bravez F empire •
II
(a) Tacite dit que ce fut le plus vil flatteurqu’on eût jamais vu. II fut gagner par ce moyenla faveur de Clodius & de Caligula , deux Tiranscélèbres. Ce dernier lui demandant un jour, Nem'as-tu pas vu embrasser la Lune ? C'eft un mifte-re , répondit-il, qu'il »’est permis qu'a un Dieucomme vous de révéler.